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Tome quatrième.
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54o EXPÉRIENCES SE R LA LONGUEUR

si vivement les cœurs fiançais, et dont le charme était rendu plus douxencore par le sentiment intérieur de satisfaction et de reconnaissancedont je lui rapportais l’hommage. C’est en effet, c’est dans un voyageentrepris pour l’avancement des sciences, cpi’un Français peut ap-prendre à honorer davantage, à mieux chérir sa noble patrie. Placéhors du cercle des passions politiques, n’étant point attiré par l’in-térêt ou l’ambition; sans rang, sans richesses qui le soutiennent, iln’a pour lui que les titres que sa patrie s’est acquis à la solide gloire,à celle qui fait du bien aux hommes. 11 est porté par le souvenir detant de services qu’elle a rendus à la civilisation du monde, par l’ad-miration universelle qu’ont excitée tant de cliefs-d’œuvres dont elle arempli les lettres, les sciences et les arts. Semblable à Minerve, cettepatrie l’accompagne sur le sol étranger; elle parle pour lui, l’introduit,le protège, lui ouvre les cœurs, et réclame en sa faveur une hospitalitéqu’elle-même a tant de fois et toujours si noblement accordée. Aussi,lorsqu’après avoir atteint le but de ses travaux, il raconte à ses com-patriotes tout ce qu’il reçut d’accueil, de secours, de bienveillance,d’amitié même, chez une nation justement célèbre, il éprouve unejouissance d’autant plus pure à manifester l’expression de sa reconnais-sance, que toutes ces faveurs sont encore, à ses yeux, de nouveauxdons de sa patrie.

Note. Ce que j’ai dit dans cette notice sur les vertus sociales de l’Ecosse etdes îles Shetland, présente ces contrées sous un aspect si différent de nos ha-bitudes continentales, que je ne serais pas surpris qu’en France , en Angleterremême, beaucoup de personnes supposassent qu’il y a quelque exagération danscette peinture, et que j’ai involontairement cédé à la prédilection qu’un étrangerprend toujours pour un pays nouveau où il est reçu avec bienveillance. Je puis cepen-dant assurer que je n’ai été que vrai. On me croira peut-être encore pour l’Ecosse ;mais pour les îles Shetland, où trouverai-je des témoins? Quoiqu’elles soient peudistantes, la difficulté de la navigation, l’inclémence du climat et le défaut decommerce en éloignent les voyageurs; et ceux que, par intervalles, la nécessitéy amène, se hâtent de partir dès que leurs affaires sont terminées. Peut-êtrelin séjour de deux mois, dans une position libre et désintéressée, m’a-t-il per-mis de voir ces îles plus intimement que ne l’ont fait la plupart des Ecossais qui les avoisinent. Aussi s’en fait-on de bien fausses idées à Edimbourg même.Mais, en général, c’est un plaisir que l’on peut se procurer d’un bout de l’Eu-rope à l’autre, que d’entendre chacun médire de ses voisins du nord. En Italie ,on regarde la Frar.ce comme un climat rude et sévère ; voyez ce qu’en dit Alfieri .