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Tome quatrième.
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DU PENDULE A SECONDES. 53 9

toutes les entreprises d’utilité publique, communiquant sans cesse avecle peuple, et ne se confondant jamais avec lui ; s’attachant à développerson intelligence pour l’éclairer sur ses devoirs et sur ses intérêts véri-tables; sachant le soulager dans ses besoins, sans lui ôter les vertuset l’indépendance que donne le soin d’y pourvoir; attirant ainsi partoutses regards sans exciter son envie; et, pour prix de tant d’efforts ;la paix, l’union, l’estime réciproque, la confiance mutuelle, et mêmeune affection très vive, fondée d’une part, sur l’habitude de la bontéet la douceur des relations intimes; de l’autre, sur la reconnaissanceet le respect.

En quittant l’Ecosse , je visitai les contrées les plus industrieuses del’industrieuse Angleterre. J’observai alors un autre spectacle : je vis lesforces de la nature employées sous toutes les formes imaginables, ausarvice de l’homme, et celui-ci réservé, comme une mécanique pluschère et d’une construction plus délicate, pour les seules opérationsintermittentes ou accidentelles que sa raison divine le rend plus propreà exécuter. Et, soit que les considérations de morale sociale qui m’a-vaient. tant frappé eussent laissé des traces trop profondes dans monâme, soit qu’un grand système manufacturier doive plutôt être appréciédans ses résultats nationaux que dans son influence locale et particu-lière , j’admirai cet immense développement des manufactures plus queje ne le souhaitai pour ma patrie. Après avoir salué Oxford et Cam-bridge, ces antiques et tranquilles séjours des lettres et des sciences,je vins rejoindre M. Arago à Londres , et m’associer encore avec luipour la mesure du pendule à secondes, non plus toutefois dans unepetite île presque déserte, mais dans le magnifique observatoire deGreenwich . M. de Humboldt, qui l’avait accompagné, prit part à cetteopération, et voulut bien, pendant qu’elle dura, oublier la multitudede ses autres talens pour n’êlre qu’un excellent observateur. L’astro-nome royal, M. Pond, se plut à nous offrir toutes les facilités imagi-nables avec cet empressement généreux que les hommes vraimentdévoués aux sciences ont toujours, mais peuvent seuls avoir pour toutce qui contribue à leur progrès. Après avoir joui du plaisir d’observerle ciel et d’étudier un des plus grands phénomènes de la nature avecde beaux instrumens, déjà consacrés, pour ainsi dire, par tant d’ob-servations et dans un lieu renommé par tant de découvertes astrono-miques, je revis enfin ma patrie avec ce bonheur du retour qu’éprouvent