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Tome cinquième.
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OCcCIDENTALES Dr vAFRIQUE, Lrv. IX. Cnar. VII. 203

s'appergoit de ſa groſſeſſe, on la conduit au rivage de la Mer, ſuivie d'unefoule d'enfans, qui lui jettent toutes ſortes d'ordures en chemin. On la laveenſuite avec beaucoup de ſoin. Sans cette cérémonie, les Négres ſont per-ſuadés que la mêre, ou l'enfant, ou quelque parent de la famille, mourroientavant le terme ordinaire de laccouchement().

Tovs les Voyageurs racontent, que vers le terme, il ſe raſſemble dans lachambre de la mêrée une foule de Négres de l'un& de l'autre ſéxe, jeunes& vieux,& que ſans aucune honte elle accouche aux yeux du Public. Letravail ne dure pas ordinairement plus d'un quart-d'heure(4),& n'eſt ac⸗-compagné d'aucun cri ni d'aucune autre marque de douleur. Auſſi-tôt que lafemme eſt délivrée, on lui préſente un breuvage compoſé de farine de maiz,d'eau, de vin de Palmier,& d'eau-de-vie(bL) avec du poivre de Guinée.On prend ſoin de la couvrir;& dans cet état, on la laiſſe dormir trois ouquatre heures. Elle ſe léve enſuite, elle lave ſon enfant de ſes propresmains,& perdant l'idée de ſa ſituation, elle retourne à ſes&xercices ordi-naires avec ſes compagnes. Villault en vit un éxemple à Frédéricksbourg(). Bofman parle d'une femme, qui mit deux enfans au monde en moinsd'un quart-d'heure(d). Barbot en vit une, ſur ſon Vaiſſeau, qui, s'étantdélivrée auffi de deux enfans, entre deux affuts de canon, les prit aufſi-têòt,les porta dans une cuve d'eau& les y lava ſoigneuſement; après quoi, s'é-tant repoſée l'eſpace d'une demie-heure, elle retourna au travail avec autantde vigucur que jamais, chargée de ces deux petites créatures, qu'elle portoitenveloppées ſur ſon dos. Des-Marchais s'imagine que le ſilence des femmesd'Afrique, dans ces occaſions, vient moins(e) d'inſenſibilité que de coura-ge, ou de la crainte des railleries publiques; car il ſeroit ſcandaleux de lesentendre crier,& l'on ne reconnoit quelles ſont accouchées qu'aux cris dePenfant(†).

Ir n'eſt pas plütôt né, qu'on fait appeller le Konfot; c'eſt-à-dire, le Pré-tre, qui commence par lui attacher fur la téte, ſur le corps,& fur les bras& les jambes, des petits paquets d'écorce de l'arbre Fétiche, des brins decorail& d'autres bagatelles. II l'éxorciſe enſuite, avec d'autres cérémonies,qui paſſent pour un préſervatif contre toutes ſortes de maladies& de fàcheuxaccidens. On penſe alors à le nommer. Si le pêre eſt riche,'enfant regoitordinairement trois noms; celui du jour où il eſt né; celui du grand-père oude la grand-mére, ſuivant le féxe dont il eſt déclaré;& celui du père, oude la mêre, ou de quelqu'autre parent. Sur la Côte d'Akra, ce ſont les pa-rens aſſemblés qui nomment l'enfant. Le nom qu'ils lui donnent eſt ordinai-rement celui qui eſt le plus commun dans la compagnie.

L.4 plapart des enfans mâles ſe nomment Adam, Quaquan, Qua, Karbei,Keli,&c. Les filles, Kano, Jama, Aquauba, Hva, Ataſulla. On y jointſouvent un nom Européen, tel que Jean, Antoine, Pierre, Jacob, Abrabam.Mais ce dernier uſage eſt borné aux Négres de la Cête. A meſure que lesenfans croiſſent, on leur donne encore des ſurnoms, ou plütôt des titres,

qui(2) Bofman, p(c) Villault, pag. 155.(a) Le meme,(4) Bofman, pag. 122.& Barbot, pag. 242.1 8 1 8 ott 2„292 1 5 8„(b5b) Artus dit que cette Hqueur n'eſt que(²2) Des Marchais, Vol. I. pag. 281,de Lhuile de Palmier& du poivre de Guinée.(†) Le meme, ibid.

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NẽüchnsDE ELACorE P'Oa.

Accouchemens.

Cérémo-nies à la nais-ſance des en-fans.

Noms qu'onleur donne.