Band 
Tome cinquième.
Seite
445
JPEG-Download
 

8

0OCCIDENTALES bE TrAFRIQU, ErV. X. CMav. VIII. 449

pü ſe'imaginer. II fut obligs de répondre àa diverſes queſtions, qui mar-quoient de la délicateſſe d'eſprit& de la pénétration. 1bAPREs le dernier ſervice, on offrit de l'eau dans des Verres de criſtal, pourſe laver la bouche. Enfuite on mit devant chaque convive une nouvelle fer-viette de coton, fort proprement pliée. Les Offciers du Prince apporterentalors du vin de Palmier, du vin d'Eſpagne, de Portugal& de France, donton but ſans excès; car le Prince ne forgoit perſonne à boire contre ſon incli-nation, quoiqu’ il invitat ſouvent tout le monde à prendre ſon verre. II figboire pluſieurs fois d' Elbée en meme-tems que lui dans le ſien; témoignagede conſidération& d'amitié, qui m'a rien d'égal dans la Nation. La difficultéeſt de concevoir comment deux perſonnes peuvent boire dans le même verre 8à moins que les verres d'Ardra ne ſoient differens de ceux de France, oufem-blables à ceux d'Italie, qui ont huit ou dix pouces de largeur& qui n'en ontpas plus d'un de profondeur. Pendant que le Prince dinoilt ſous fa tente, les.Négres de ſa ſuite furent trairés dans pluſieurs pétites loges qu'on avoit dreſ-ſées pour eux. Les Soldats& les Matelots Frangois qui accompagnoientd Elbée, eurent part auſfi à la fete,& tous les reſtes des alimens furent diſ

tribués à la popuſace. D'Elbée, en ſortan de la tente, jetta quelques poi-

gnées de bujis, qui excitèrent beaucoup d'acclamations. Depuis ce moment

le Commerce fut ouvert„& les Frangois eurent la liberté de traiter avec les

Sujets du Roi..—LAcCv da prince étoit de trente ou trente cinq-ans. I m'avoit pour habits

que deux pagnes, qui trainoient tous deux Juſqu'a terre; Pun de ſatin,

Tautre de taffetas; avec une large écharpe de tafferas autour de la ceinture-e reſte de ſfon corps étoit nud; mais il avoit ſur la tete un chapeau garni dee plumes rouges& blanches,& des ſandales rouges aux pieds.

ORSCQUE les Frangçois prirent congé de lui, vers le ſoir, il renouvellaſes civilités, en leur promettant toutes ſortes de bons offices en faveur de leur

Nation. Il vounlut voir entrer d'Elbée dans ſa Chaloupe. Pluſieurs Négres

fort robuſtes la prirent ſur leurs Spaules& la tran;portérent au-dela des plus

groſſes vagues. D'Elbée fit ſaluer le Prince par des cris de joie, qui ſervirentde ſignal aux deux Vaifſeaux pour faire ſucceſſivement quatre décharges de

douze piéces de canon(2). 1

DußoUuRe& Carlof, qui demeurèrent au rivage, ſe mirent, comme le

Prince, chacun dans un hamael porté par des Négres. On leur mit, comme

à lui, des paraſols ſur la téte. IIs partirent avec lui, tolljours accompagnés

de ſes gardes, de ſa muſique& d'une grande foule de Peuple. II Stoit nuit

lorſqu'ils arrivérent à Offra. Le jour ſuivant, qui étoit le 21 de Janvier, le

Prince fit une viſite à Dubourg avec ſes deux grands Capitaines,& lui pro-

poſa de Faccompagner à Aſfſém. II fit préparer deux hamacks Pour lui& pour

Carlof. Le départ fut différé juſqu'au 24. En voyageant avec le Prince, les

deux Offciers de France eurentl'avantage de voir le Pays pendant le jour; fa-

veur qu'on refuſe à tous les Etrangers. Le Prince leur donna une féte au Grand-

Enro, Village conſidérable, qui eſt à moitié chemin entre Offra& Afſem.

Comme ils étoient partis afſcz tard, ils furent ſurpris des ténébres avant que

d'arriver à la Capitale. On les conduiſit au Palais, dans un appartement qu'on

avoit préparé pour eux,& le Roi leur fit porter à ſouper. DAXNS

(1) Des-Marchais, Ubi ſuprà, pag. 236.&. iv. 8

B'EL.LBE E.20 70.

On ne ſertà boire qu'a-prés le repas.

Deux per-ſonnes boi-vent en mêmetems dans leméme verre.

Age& figu-re du Princed*Ardra.

Dubourg&Carlof demeu-rent à terre.

IIs ſe ren.dent à Affemavec le Prin-ce.