OcolDENTALES pr vAFRIQUE, Lav. X. Cuar. VIII. 4 9
CARLor envoya des préſens à la Reine-Mere& à la Reine. Enſuite ſe livrantaux ſoins du Commerce, il commengça par acheter du Prince, du Grand-Prêtre& des Grands-Capitaines, trois-cens Eſclaves, qu'il fit conduire immé-diatement à bord. Un Officier du Roi lui en amena foixante-quinze autres,de la part de ce Monarque, pour le payement des marchandifes qu'il avoitchoiſies.
LL. E 8 de Fésvrier, on publia dans toute l'étendue du Pays une proclamation,qui accordoit la liberté de vendre, à la Compagnie, le nombre d'Eſclavesdont le Roi étoit convenu avec les Officiers Frangois. Comme le Traité s'étoitfait à Offra, les Receveurs du Domaine y établirent une Douäne& les mêmesDroits que dans la Capitale. Les Eſclaves achetés du Roi en furent éxemts.Deés le premier jour de Mars, La Juſtice auroit pu mettre à la voile avec ſacargaiſon complette, ſi d'Elbée n'ent été réſolu d'attendre ſon ſecond Bati-ment. Lenvie de hater ſon départ lui fit faire un Voyage à la Cour, accompa-gné de Carlof& de Marriage,& ſuivi de ſes domeſtiques. Le Viceroi dOf-fra leur fournit des hamacks& des porteurs. N'ayant pas le Prince pourguide, leur marche ſe fit pendant la nuit. Mais le tems étoit clair,& la Luneſi prillante, qu'il leur fut aiſé d'obferver que le Pays eſt plat& uni, biencultivé& rempli de Villes& de Villages. Le Capitaine des Etrangers, quiétoit chargé de leur conduite& qui ſe faiſoit porter dans un hamack à la tétedu convoi, eut ſoin continuellement d'eviter les Villes,& fit quantité de-détours pour les laifſer toũjours à quelque diſtancc. 1
DELBKE entra dans la Capitale avant le lever du Soleil. Mais pendant leſéjour qu'il y fit, on lui accorda la liberté de Viſiter la Ville()& les lieuxvoiſins, ſous'eſcorte de deux Officiers du Roi. A ſon arrivée, il avoit étéconduit à Pappartement des Frangois, ou le Roi lui avoit d'abord envoyé tou-tes ſortes de rafraichiſſemens. Le Prince, le Grand-Prêtre& tous les Grandsqui ayant fait les mêmes civilités, il ſe vit aſſez de proviſions pour traiter deuxcens perſonnes. L. e lendemain il regut la viſite de tous les Grands; mais lePrince ſe fit excuſer de ne pouvoir lui rendre la ſienne, parce qu'il avoitperdu un de ſes enfans. II fe tenoit renfermé, ſans voir perſonne; ce quipaſſe dans le Pays pour la marque d'une extréme douleur(J).
L. E Roi ne rend jamais de viſites. Mais il voulut accorder une faveur ex-traordinaire à d'Elbée, en le recevant le même jour à l'audience. Les deuxGrands Capitaines regurent ordre de le conduire, en marchant à ſes deux cô-tés. II fut introduit dans un jardin du Palais, où le Roi étoit aſſis dans unfauteuil de damas, ſous une gallerie.
Cꝝ Prince, qui ſe nommoit Tbzifon, paroiſſoit aàgé d'environ ſoixante-dixans. II étoit de haute taille& d'une groſſeur proportionnée. Ses veux étoientgrands& pleins de feu. Si ſa contenance faiſoit juger avantageuſement de ſaPéenétration, de ſon jugement& de ſa ſageſſe, ſes diſcours& ſes réponſes,dans une longue audience, ne firent pas moins connoitre la vivacite de ſoneſprit. IIl Stoit vétu de deux pagnes, à la mode Perſienne, l'un ſur l'autre,comme deux jupons. Celui de deſſous étoit de taffetas,&'autre de ſatin
1b piqué.
() On en verra la deſcription dans'arti-(1) Des-Marchais, Vol. II. pag. 242.&dle géographiquc du Pays. ſuiv.Part. Nun
D. ELBE 191670.Facilitésqu'il ſe procu-.re pour leCommercc.
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D'Elbée ſerend à la Ca-pitale.
Audience ex-traordinairequ'il obtient.
Portrait duRoi d'Ardra-.