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les enſeignes de PIdole(b)& de l'Empereur. La hauteur de la muraille eſt
de ſix toiſes pleines,& ſon épaiſſeur de quatre. Six cavaliers pPourroient fa-
cilement s'y promener à cheval. Elle étoit en auſſi bon état que ſi elle n'eüt
pas été batie depuis plus de vingt ou trente ans fans qu'il en fut tombé une †.ꝗ☚
ſeule pierre, n'y qu'on y appergut aucune herbe n'y aucune autre ſaleté. 8AFRks avoir paſſe ee de
19 la dernière tour de garde, l'Ambaſſadeur ſe trouvaulh ie dans une vallée, large d'environ trois cens toiſes, dans laquelle il vit quelques1 gros ſaules. Du còôté de l'Oueſt, au pied d'un rocher, il découvrit un Templemagnifique. Une portée de mouſquet plus loin, il trouva la Ville de Gal-tan(c), qui eſt environnée d'un mur quadrangulaire, mais aſſez mal peuplée. Onfélicita FAmbaſfadeur de fon arrivge, par une décharge de trois canons defer. II paſſa la nuit dans les fauxbourgs, où les Habitans s'aſſemblèrent„ auſon de leurs trompettes& de leurs cornemuſes Cen ſi grand nombre qu'à pei- †.*ne y pouvoit: ton paſſerj. Les Moſcovites(d) n'avoient jamais rien entendude ſemblable à cette muſique. L Ambaſſadeur regut, le ſoir, des complimens dela part du Mandarin, qui le fit inviter à ſouper avec lui au Palais Royal„ ouùIEmpereur réſide Ilorfqu'il paſſe dans cette Ville. 8
Sox Excellence s'y étant rendue, y trouva le Gouverneur& les principaux
Souper&
Comédie N.. 8 G..:
qu'on donne à Officiers de la Ville. On lui préſenta du thé. Enſuite on Iui fervit un ſouperAmbafſa- fort-noble, accompagné d'une ſorte de Comédie,& dun concert de muſi-deur. que, qui conſiſtoit en tymbales& en inſtrumens accordés, dont le bruit
Ucages Chi. Stoit fort- confus. Les Moſcovites s'aſfirent ſur des ſelletes, deux à chaque ta-nojs à table& ble. Ces tables étoient d'un beau vernis,& couvertes de tapis de ſoie à aiguille,dans leurs ali- d'un travail admirable. Les Chinois ne ſe ſervent point de nappes, de ſerviet-ven tes, de couteaux, de fourchettes, ni d'aſſietes. Deux petits bàtons d'ivoi-
re, ou d'ébéne, font tout l'ameublement de leurs tables(e). Mais ils lesemployent avec tant d'adreſſe, qu'ils pourroient s'en ſervir pour ramaſſer unepingle. IIs les tiennent de la main droite, entre le pouce& les deux doigtsſfuivans.
TLovs leurs alimens, foit potages, riz ou viandes rôties& étuvées, ſontſervis dans des taſſes de porcelaine[¶& jamais dans des plats]. Chaque ſorte de rôtisſe ſert ſeule, coupee en petites pisces; mais le deſſert, qul eſt compoſẽ de con-fitures& de fruit, eſt préſenté enpiles, dans de petits baſſins de porcelaine. Lesſoupes& les potages ſont d'un goũt extrêmement agréable. IIy entre des herbes
Herbe quils délicieuſes& des épices. Lherbe qu'ils employent le plus ordinairement
“ pour leurs foupes, crott ſur les rochers de la mer. Lorſqu'elle eſt bouillie, el-
qans leurs ₰. 7.„„
. ſe paroit viſqueuſe. Sechée, elle eſt d'une couleur verte, qu'elle conſerve auſſipes.
dans les ſoupes. La plan te eſt ſans fenilles,& ne conſiſte qu'en branches en-trelaſſées. Elle eſt egalement ſaine& agréable. Quelques-uns la prennentpour une ſorte de ſat)r'on abortif ou Nid d'Oiſeau]J. On ſert auffi, à la Chi-sne, de petits coquillages(†),& des œufs de pigeons, dont le blanc eſt teint
de
(⁵) Les Auteurs Anglois remarquent qu'il Chinois, qu'ils n'avoient jamais entendu unefaudroit dire, du Saint, du Héros, ou de ſemblable muſique. R. d. E.
'Eſprit tutélaire. ²-(e) Les Anglois les appellent Cbop-ſticks,(c) Elle eſt nommée enſuite Gulga& Seſt-à-dire Bàtons pour les morceaux.
CGalgan.(F†) Angl. des Chevrettes à Coquilles.(4) Le Traducteur attribue ici aux Moſco- R. d. E.
vites, ce qui dans! Anglois ſemble être dit des