8 TABLEAU DU PROGRES
uns áu-deíìùs des autres. Comme le bois rsa qu un période , Sc qu’ii estbailleurs sujet aux incendies, il seroit à souhaiter qu'on le supprimât, sur-tout dans les monumens publics , Sc qu on employât davantage ces voûtesplattes, dont la construction est excellente (a).
Il a paru quelques bons ouvrages íùr ^architecture, entre autres Timmeníèrecueil de l’architecture Françoise, qui contient les plans , profils Sc élé-vations de nos plus beaux édifices , accompagnés de dissertations Sc dedescriptions, par M. Rlondel, habile professeur de Pacadémie Royale ^ar-chitecture. Cette collection est un témoignage évident de la quantité debâtimens considérables en tout genre que la France renferme.
M. d’Argenville, maître des comptes, nous a donné un excellent traitéíîir la théorie Sc la pratique du jardinage , où il développe admirablementles préceptes de cet art, dont le Nautre nous a laissé de st beaux exemples.
Le livre de M. Boflrand, qui contient la plupart des édifices qu il a faitexécuter, soit en France, soit dans les pays étrangers, est un des meilleursouvrages Sc un des plus capables pour former d’habiles architectes. On ytrouve l’application ingénieuse des règles de Part poétique d’Horace à l’archi-tecture ; ce qui prouve que tous les arts, dont le goût est la base, ont desprincipes généraux qui leur font communs.
Enfin, M. Frezier a fait un traité íçavant Sc profond íùr la coupe despierres, où il développe toute la théorie de cet art, à Paide du flambeaude la géométrie, dont il éclaire les routines de nos constructeurs.
(a) 11 y a encore d’autres arts subordonnés àl’architecture, qui ont fait quelques progrès.
La serrurerie a beaucoup acquis : les grillesque Destriches a exécutées à Paris pour le Por-tugal ; celles que Damour a faites pour la place duRoi à Nancy, la rampe de la chaire de l’églifede Saint Roch, & autres ouvrages en ce genre.montrent à quel degré de perfection cet art estparvenu.
La plomberie a éprouvé quelques change-mens avantageux. Au plomb coulé en tables,qui est fort inégal dans son épaisseur, on a ajoutéle plomb laminé , qui fait une économie réelle,& donne au plomb une consistance égale qu’iln’avoit pas.
On a trouvé le secret de dorer sur le bois & furle plâtre , & d’y appliquer le mat & le brunjdirectement fans aucun espèce de blanc d’apprêt ;de sorte que , par ce moyen , la beauté des pro-fils , la finesse & l’efprit de la sculpture ne sont au-cunement altérés . comme ils l’étoient de toutenécessité auparavant par une douzaine de couchesde blanc d’apprêt , pour mettre l’or en état derecevoir le bruni. Ce qui ajoute à la bonté de cette
pratique, c’est de n’être point sujette à s’écailler -& de rendre la dorure fur le bois aussi belle quel’or moulu appliqué fur les métaux.
On a inventé une espèce de détrempe ou pein-ture à murailles, qui exempte de regratter les an-ciens bâtimens , pour leur donner la même cou-leur que s’ils étoient neufs : en l'appliquant furune pierre quelque grise quelle soit, elle la rendcomme si elle sortoit de la carrière , sans craindreque cette nouvelle couleur soit momentanée, &quelle puisse produire d’autre esse t que ce qui ar-rive a la longue fur des pierres nouvellement em-ployées & taillées. Un autre avantage de cettepeinture fur le regrattage, c’est quelle n’a aucuneépaisseur, & ne sçauroit altérer ni les profils, niles ornemens.
Il a été découvert aussi un nouveau mastic impé-nétrable à l’eau : si on en met une couche de cinqou six lignes d’épaisseur fur une terrasse bien car-relée , ou que l’on en fasse seulement les jointsdes dalles de pierre , lorsqu’elîe est ainsi couverte,il n’y a pas à craindre que les eaux endommagentsoit les voûtes , soit les planchers qui font au-dessous.
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