DES ARTS ET DÈS SCIENCE §. 4sÉouguer Sc de la Condamine partirent pour mesurer le premier degré âûméridien à Quito sous l’équateur : Sc en 1736, MM. de Maupertuis , Clai*ràut, Camus Sc le Monnier furent envoyés pour mesurer le degré le plus présdu pôle qu il se pourroit dans la Laponie, Ces voyages, íiipérieurs à tous ceuXqui ont jarrìais été faits pour l’avancement des íciences, immortaliseront lerègne de Louis XV, par les bienfaits Sc les ordres duquel ils ont étéexécutés. Il résulte - de la comparaison entre les mesures des degrés dél’équateur Sc du Nord, que la Terre 11’est ni ronde ni allongée, comme on lecroycit, mais quelle est applatie par íèspôles ; c’est-à-dire, quelle a la formed’une orange.
La théorie du mouvement de la lune, la moins régulière des planètes, áété parfaitement développée pár M. Clairaut, cet académicien qui, dès i’âgéde douze ans, donna un Traité sur les courbes à double courbure , auífi admi-rable en cela que notre fameux Pasoai, qui, à pareil âge, avoir donné urlouvrage fur les sons, C’est ce même íçavant qui a soumis au calcul le retourdes comètes, ces astres si irrégulièrs qui fè meuvent en tant de sens contrai-res. La comète qui parut en 1759 en ^ ut ^occasion. M. Halley , astronomeAnglois, en comparant au commencement de ce siècle les orbites de plusieurscomètes, en remarqua trois qui paroissoient être la même, par les circonstan-ces de leurs mouvemens, par la position Sc la grandeur de leurs orbites, Scpar le temps de leur révolution : c’étoit les comètes de ry z r , r 607 Sc1682. Il Crut en conséquence pouvoir annonce r que íà période moyennepourroit bien être de soixante-quinze ans Sc demi, Sc qu’on la reverroit vrai-semblablement au bout de ce temps, Comme M. Halley n’avoìt donné cetteobservation que par conjecture , Sc avoit laiíTé un an ou deux d’i n certitude,à cause de l’attraction que Jupiter Sc Saturne pouvoient exercer fur cet astre,M. Clairaut estaya de luí donner toute la précision possible, en entreprenantde calculer l’estèt que les planètes pouvoient opérer fur cette comète. Ilappliqua, à ce sujet, la solution qu il avoit trouvée précédemment du fameuxprobieme des trois corps, ou il avoit fait voir quel seroit le mouvement detrois corps qui s’attireroient en raison directe des mastes, Sc en raison inversedu quarré de leur distancé ; Sc démontra que cette comète devoit être retar-dée de plus d’un an, par faction de Jupiter & même de Saturne, dans sorbedeíquels elle avoit passé ; de sorte qu’elie ne parviendroit que vers leavril 1759 à fa plus petite distance du Soleil. Quoique cette comète y soitarrivée, comme l’on sçait, le 13 mars 1759, cet excès de trente-trois joursíur cent cinquante-un ans que cet astre met à faire se révolution, n’errìpêchapas que ce calcul ne fût regardé comme une trés-grande approximation. Letravail prodigieux qu’il fallut entreprendre pour y parvenir, sit un honneurinfini à cet académicien dans toute l’Europe sçavante, Sc apprendra à jamais
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