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DES ARTS ET DES SCIENCES.
cardinal de Polignat: par íòn Xntt-Lucrèce ; M. Coífin par ses Hymnes, vu íla appliqué si heureusement les grandes images, 8c les endroits les plus pathé-tiques de i’Ecriture. • •
Un homme extraordinaire paroît au milieu de tant d'auteurs illustres ; géniefécond 8c preíque universel, dont les écrits respirent la tendre humanité.ÛEdìpe, H dire } Ahsre , Brutus , Rome sauvée, la •Mort de César , Mérope >■&c., feront, dans tous les temps, les délices de notre théâtre, 8c la gloirede M. de Voltaire.
Un ouvrage, qui ne contribue pas moins à í’iliustrer, est ion poème épiquede la Henriade dont nous n’avioùs point encore de modèle en notre langue.Tes éditions en íont innombrables. Comme, depuis quarante ans, ce poèmen’a pas baissé dans f opinion des hommes , & qu il a même été traduit entoutes fortes de langues, il est à croire qu’il passera à la postérité , 8c quece sera à jamais un des plus précieux monumens de ce règne florissant.
Cet auteur soutient > par se prose , la réputation qu’il s’est faite par ses vers.Par la rapidité 8c la noblesse du ílile de son Hïsoïre de Charles XII , 8c deíòn Siècle de Louis XIV > il a surpassé tous íes historiens du siècle dernier.» Il possède en mêmetemps au plus haut degré, est-il dit dans un ouvrage» célèbre Ça ), un talent que n’a preíque eu aucun poète , même dans un degré» médiocre, celui d’écrire en prose. Personne n’a mieux connu l’art si rare3> de rendre , sens effort, chaque idée par le ternie qui lui est propre ; d’em-
* bellir tout, sens se méprendre sor le coloris convenable à chaque chose*
* enfin, ce qui caractérise plus qu’on ne pense les grands écrivains, de n’être» jamais ni au-dessus, ni au-dessous de son sujet.
Il n’y a pas de parties de notre littérature qui ne nous aient procuré de bonslivres, qui feront les amusemens ou l’instruction de la postérité ; histoire,philosophie , agriculture, commerce , politique, beaux arts, 8c toutes sortesde livres d’agrément qui respirent le goût & les grâces. Nous en avons déjàcité successivement plusieurs ; auxquels il convient d’ajouter le Traité des Tropesde M. du Marseis, ou des divers sens dans lesquels on peut employer un mot ;livre qui , de l’aveu de tous les íçavans , est un chef-d’œuvre littéraire 8cphilosophique; les Considérations fur les Finances de M. de Fourbonnois,ouvrage profond 8c unique fur cette matière ; ï Ami des Hommes , ou leTraité de la Population , qui ne peut avoir été produit que par un ami dugenre humain ; la Poétique de M. Marmontel, où il décrit si élégamment toutesces règles dont le vrai génie s’affranchit quelquefois avec succès ; enfin , leTraité des Etudes de M. Rollin, excellent ouvrage à 1 usage des collèges.
M. l’abbé Prévost , auteur de la grande Collection de l’histoire des voyages ,ssest fait un nom par ses romans à sentimens. Ses Mémoires dé un homme( a) Préface de Y Encyclopédie,
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