AUX GRANDS HOMMES. 8z
Le premier fat élevé par le Sénat en i’honneur de cet ^Empereur 8cde Bassian son fils, associé à Tempire , qu on appelia depuis Caracalla.L’autre fut élevé par les banquiers de Rome, Sc les marchands de bestiaux :on le nomme communément Far c des orfèvres.
Après la défaite du tyran Maxence , en mémoire de la victoire de Cotisetantin , le Peuple Romain fît ériger à ce Prince un magnifique arc de triomphe,qui subsiste en ion entier. 11 est orné de colonnes êc de bas-reliefs de beautésfort inégales ; ce qui fait soupçonner aux connoisseurs que cet ouvrage futcomposé de morceaux empruntés d’édisices du même genre.
Tels sont, à peu près, les monumens de gloire élevés chez les anciens, quisobíìstent en tout ou en partie. Il y avoit sons doute à Rome, 8c dans toucl’empire, un bien plus grand nombre de ces édifices, qui ont été détruits,soit par le temps , soit par les Barbares , soit enfin pour se servir deleurs matériaux. Le pape Innocent VIII fit abbattre un arc élevé à Gordienpour construire une église en so place. Alexandre VI fit démolir pareille-ment la belle pyramide de Scipion, & se servit des pierres pour paver lesrues de Rome. Il est à croire que beaucoup d’autres ont eu un pareil sort.
Des Monumens élevés depuis la renaijfance des Lettres *
Quoique les arts libéraux eussent commencé à dégénérer dans POccldent „sor-tout depuis la translation du siège de Pempire à Constantinople, on neles vit diíparoître absolument que lors du soc de Rome par Totila esty 12 . L’ignorance Sc la barbarie, pendant ces temps de calamités 8c dedévastations, prirent la place de la politesse Sc des talerís. D’épaisses ténè-bres couvrirent presque toute la surface de i’Europe pendant près de huitcent ans. Ce ne fut que dans le quatorzième siècle que son vît renaître estquelque sorte de leurs cendres, les arts 8c les sciences, ces enfans du bonheurSc de f abondance, 8c qu’ils reprirent une nouvelle vie par la protection 8cla faveur que leur accorda la famille des Médicis à Florence.
En Italie <
Le Grand-duc Coíme I. de Médicis fut un des premiers célébré âpres larenaissance des arts 8c des sciences, à laquelle il avoit eu beaucoup de part.C’étoit un simple citoyen de Florence, qui s’étoit acquis, p ar I e commerce,des richesses immenses, qu’il employa pour orner cette ville 8c pour y fairefleurir les arts. Il mérita que son tombeau fût décore unanimement du beaunom de Père de la Patrie. Les Florentins lui élevèrent j en reconnoiísoncedu bonheur dont ils jouissoient sous son gouvernement, une statue équestrede bronze, par Jean de Boulogne. Il y a trois bas-reliefs âu tour du piédestal;