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Monumens érigés en France à la gloire de Louis XV / Pierre Patte
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ÉRIGÉS 'A LOUIS XV. 137

figure. Le cheval est aussi un chef-d’œuvre pour la légèreté, la proportionagréable, & la correction du dessein. Juíqu’alors on avoit imaginé que leschevaux des statues équestres ne pouvoient être de trop grande taille. LesPrinces Sc les Héros avoient toujours été représentés montés ser des espècesde chevaux d’attelage, ou fur des limoniers : celui-ci seul, par fa noblesse, segrâce, l’élégance de ses contours, paraît digne d etre monté par un Roi. Toutce morceau de sculpture a seize pieds huit pouces de hauteur ; Sc , en com-prenant le piédestal, trente-sept pieds huit pouces.

Par fa position avantageuse, cette statue peut être apperçùe des quais le longde la rivière , des Champs-Elyfées Sc de la grande route qui les traverse ,de la rue Royale , en passent dans la rue saint Honoré, Sc surtout de la prin-cipale allée des Tuilleries , d’où elle produit le plus grand effet. Le magniss-ue fer-à-cheval de ce beau jardin semble un cirque destiné à préparer l’avenuede ce monument : les colonnades des grands bâtimens de la Place, que l’on voitau travers des arbres qui bordent se terraíse , par leur fuite perspective, annon-cent l’objet le plus vaste Sc le plus pompeux : enfin , les deux Renommées,qui couronnent le Pont-Tournant, Sc au milieu defquelles s’élève la statuedu Roi, donnent à cet ensemble un air triomphal ; on croit voir un champ degloire qui s’ouvre au bout de cette promenade. Nous avons saisi l’efprit dece point de vue dans ía vignette, page 72.

Pour perpétuer l’époque de l’érection de ce monument, la ville de Paris afait frapper une médaille. D’un côté, est le buste du Roi avec ces mots ,LUDOVICO XV, OPTIMO PRJNCÍPI ; de i’autre est représentée la statueéquestre fur son piédestal : on lit pour légende, MONUMENTUM AMORIS ;Sc à f exergue , Pítffss. /EDIL. PARIS. DD. M. DCC. LXIII.

On ne peut trop exalter les efforts dispendieux de la ville de Paris, non-seulement pour la prompte exécution de ce monument, mais encore pourlui donner une supériorité ser tout ce qui avoit été exécuté juíqu’alors. Résoluede ne rien négliger pour fa perfection, elle ne voulut point que la statue duRoi fût faite à l’entreprise. Elle récompense généreusement M. Bouchardon ,Sc lui accorda deux cent soixante mille livres pour son modèle , celui dupiédestal, Sc fa main-d’œuvre, Sc se chargea de tout le reste de la dépense.Cet habile homme n’ayant pu avoir la satisfaction de terminer les orne mensSc les Vertus qui décorent le piédestal, désigna, en mourant, M. Pigaile,comme un des artistes le plus capable de le remplacer. Ce choix ayant été con-firmé par la voix publique , le Corps de Ville fit avec ce sculpteur unmarché de six cent vingt - cinq mille livres pour le parfait achèvement dupiédestal en marbre blanc veiné, ainsi que pour la fourniture du bfonzenécessaire pour les ornemens & les figures qui doivent l’accompagner, rela-tivement au dessein de M. Bouchardon.

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