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Monumens érigés en France à la gloire de Louis XV / Pierre Patte
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X V.

ÉRIGÉS A LOUIS

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jonction de ía Garonne & de la Dordogne ; enfin, le fronton du pavillon dufond de ía Place exprime la Libéralité.

Tout cet édifice est couronné par une balustrade portant des trophées Scdes vases , ainsi que par un grand comble à la mansarde, avec une campanilleservant d’amortiísement à cbaque pavillon.

Le 9 janvier 1731, M. Gabriel, stipulant pour les Magistrats de h villede Bordeaux , fit un marché à Paris avec M. Lemoyne , sculpteur del’académie Royale , par lequel cet artiste s’engagea, dans quatre ans, de fairela statue équestre de S. M. en bronze , moyennant la somme de 130000livres pour toute fourniture Sc main-d’œuvre quelconque.

La première pierre du piédestal fut posée le 8 août 1733 en grande céré-monie, par M. Boucher, alors Intendant de la Guíenne, accompagné du Sous-Maire, des Jurats - Sc au bruit de plusieurs décharges de mousqueterie Szde canons.

Dans cette première pierre, il fut mis un coffre de plomb qui contenokun autre petit coffre de bois de cèdre , garni en dedans d’un satin bleu , ornéd’un galon d’or, dans lequel on renferma six médailles, une d’or Sc cinqd’argent, qui furent frappées à cette occasion. Un des côtés de ces médaillesreprésente la statue du Roi fìir son piédestal, avec cette légende , CIVITASBURDIGAL. OPTIMO PRINCIPE. M. DCC. XXXII.L’autre exprime la perspective de cette Place, avec ces mots au tour,PRAESIDIUM ET DEÇUS.

Il fut placé íùr ces médailles un petit matelas de la même étoffe, auílîorné d’or , êc destùs une plaque de cuivre rouge íùr laquelle étoientgravés les noms de M. Boucher , Intendant , Sc des Sous - Maire, Ju-rats , Procureur - Syndic - Secrétaire de ía Ville , ainsi que celui de M.Gabriel.

La statue du Roi fut faite à Paris dans le fauxbourg du Roule. Il y avoirplus de quarante ans qu’on n’avoit coulé en France de statue équestre co-lossale en bronze , lorfqu’on entreprit celle de Bordeaux : tous les fondeursqui en avoient exécuté n’étoient plus. Heureusement, M. Boffrand (cl'),témoin oculaire de la fonte du monument élevé à Louis XIV par la ville deParis dans la place de Vendôme , avoit conservé des desseins du procédédont on s’étoit servi pour opérer cette grande fonte, qu’il communiqua àM. Lemoyne. Mais toute la théorie imaginable , en quelque genre que cesoit, supplée foiblement à la pratique : l’expérience sera toujours le meilleurde tous les maîtres.

Malgré tous les soins que l’on employa pour astùrer le succès de cette

[ été pratiqué pour fondre , d’un seul jet, la Jîatue deI Louis le Grand, &c>

(a) Cet architecte a donné depuis cet ouvrageau public. II cft intitulé : Description de ce qui a