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Monumens érigés en France à la gloire de Louis XV / Pierre Patte
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ÉRIGÉS «À LOUIS XV, t$i

trophées, attributs Sc ornemens qui dévoient raccompagner ; íorsqúe SaMajesté, dans le cours de ses triomphes j volant des bords de l’EfcaUt surles bords du Rhin, Sc passant par Metz dans le dessein de punir íes ennemisde la témérité qu’ils ávoient eue de venir en Alsace pòur tenter de forcer lesbarrières de cette province, fut attaquée, le 8 août 1744, d’une maladie dan-gereuse , qui le mit aux portes dti tombeau. L’attendrissement général, ouplutôt le désespoir de la France à cette nouvelle, íèra une époque mémora-ble dans l’histoire. Nos temples offroient les spectacles les plus touchans ; oiiy voyoit un peuple innombrable prosterné aux pieds des autels, fondant ertlarmes, interrompre, par des sanglots, les sacrifices offerts pour demander laconservation de notre Auguste Monarque (a). Loríqu eníuite on apprit que SaMajesté étoit hors de danger, l’ivreste de la joie succéda à cette doulou-reuse consternation* Jamais on ne vit limage du bonheur si bien peinte furtous les visages ; c’étoit le plus beau jour dfe la Nation. » Le courrier, qui» apporta la nouvelle de fa convalescence, fut presque étouffe par la foule» du peuple; on baisoit son cheval, on lè mendit en triomphe ; toutes les» rues retentîíîbient de ces cris d’aliégreíse : Ze Roi ejl guéri (b) «.

Des preuves d’une aussi extrême tendresse pour LOUIS le Bien-aimé,méritoient d’être éternisées par des monumens publics. Les Etats de Bretagneayant tenu leur assemblée après cet événement, ils ordonnèrent que le monu-ment qu’iís avoient projette d’élever précédemment au Roi, auroit pour objetde célébrer fa convalescence Sc ses victoires. M. Lemoyne, sculpteur deSa Majesté, Sc déjà connu par beaucoup d’exceílerts ouvrages, fut chargéde son exécution.

Cet artiste vint à Rennes , examina les trois édifices publics dont 011 d.parlé ci-deíîùs : il jugea que le monument dont il s’agistbit ne pouvoit êtreplacé plus avantageusement que dans la niche, & au-devant du rez-de-chaus-sée de la tour de Thorloge ;qu’il seffisoit d’augmenter la largeur & la hauteurde cette niche de quelques pieds, Sc de changer son couronnement, ainsi quefa table d’attente, en supprimant les deux Vertus qui étoîent déjà sculptées,pour les remplacer par d’autres attributs plus convenables aux circonstancès.Son dessein ayant été approuvé, il fut chargé de i’exécution. Ce monument:fut achevé & placé dans le courant de í’automne 1754* H est compose de troisfigures, qui concourent à former une action.

La statue du Roi ( pi. XX. ) est placée fur un piédestal de quatorze piedsde hauteur, accompagnée de trophées Sc de drapeaux. Sa Majesté est re-présentée tenant le bâton de commandement, vêtue à la Romaine, Sc prête

( a) II vient d’être gravé, à l’occasion de cettemaladie , une médaille qui doit faire partie deThistoire métallique du Roi. Sur le revers > on areprésenté la France plongée dans la plus pro-

fonde douleur, & prosternée au pied d’un autel,avec cette légende , LuBus nullo tzvo cognitus.

(b) Hiftoire de la guerre de 1741 » IF. partie *

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