TAcHARp.1685.
Haranguequ'’'ils font àce Prince.
30 VOYAGES DANS LE
LE Seigneur Conſtance avoit prévu que le tems manqueroitpour prononcer leur compliment,& leur avoit conſeillen langue du Pays. Le Supérieur, qui étoit chargmois& en Frangois, n'oublia pas dena ordre à ſon Miniſtre de la prendre.ſuites célébres, mérite la diftinction dtermes:
„ SIRE, nous avons quitté le plus grand Roi que la France att jamais„ eu; mais nôtre bonheur, en arrivant ici, eſt de retrouver dans Vôtre„ Majeſté les qualités de ce grand Prince(g). Cette grandeur d'ame,„ qui vous porte à ſecourir ſi généreuſement vos Alliés, le courage avec„ lequel vous reprimez vos Ennemis, les avantages que vous venez de„ remporter ſur eux, cette ſoumiſſion extraordinaire de vos Sujets, cette„ magnificence avec laquelle vous vous montrez à eux„ Ces Ambaſſades cé-„ lébres que vous recevez des parties du Monde les plus éloignées, cette„ protection que vous donnez aux Etrangers, cette affection particulieére„ que vous témoignez aux Miniſtres de„'Evangile, cette bienveillance„ que vous avez la bonté de nous marquer aufſi; toutes ces choſes, Si-„ re, ſont des marques que vous êtes un Roi magnanime, victorieux, po-„ litique, équitable;& comme vos Sujets& la Renommée le publient,„ le plus grand de tous les Rois qui ayent jamais porté la Couronne de„ Siam.
„ LEs Sciences dont nous faiſons profeſſion, Sire, ſont eſtimées par„tonte Europe. Notre Roi les aime, juſqu'à leur élever des Obſerva-„ toires ſuperbes dans ſa Ville Capitale,& à donner ſon auguſte nom au„ Collége de ntre Compagnie, dans lequel on les enſeigne. Nous les a-„ vons cultivées depuis nêtre jeuneſſe, particulieérement 1'Aſtronomie, qui„ eſt plus conforme à nos inclinations, parce qu'elle porte nos eſprits à„ Penſer ſouvent au Ciel, le féjour des Bienheureux& nôtre véritable Pa-„trie. Sa Majeſté Trés-Chrétienne, ſachant que nôtre profeſſion eſt de„ nous fervir des Sciences humaines, afin de porter les hommes à la con-„ noiſſance& à l'amour du vrai Dieu,& perſuadée 8* nous avons fait„ une étude particuliére des Mathématiques, nous a choiſis pour aller à la„ Chine en qualité de Mathématiciens. Ainſi nous ſommes chargés de tra-„ vailler, de concert avec ceux qui demeurent à Paris auprêès de ſa Per-„ ſonne, à la perfection des Arts& des Sciences. Pous nous faciliter un„ ſi grand deſſein, nôtre grand Monarque nous a donné des Lettres Paten-„ tes, qui nous recommandent à tous les Princes de la Terre, en conſidé-„ ration deſquelles Votre Majeſté nous comble aujourd'hui d'honneur en„ nous admettant en ſa préſence.
„ IT nous eſt impofſible, Sire, de reconnottre nous-mémes une telle„ faveur. Mais ne le pouvant pas de la manière que nous le devons, Voͤ-„ tre Majeſté nous permettra de le faire de la maniere que nous le pou-„ vons. Nous ſommes Serviteurs du vrai Dieu& Sujets d'un grand Mo-
„ narque.
(g&) L'Auteur fait, dans un autre endroit, un portrait du Roi de Siam, qui juſtifie cetEloge, pag. 235.
aux Jéſuitesé de le faire traduireé de laà copie, en Sia-la préſenter au Monarque, qui don-Cette piéce, Fouvrage de ſix Jé-etre inférée ici dans ſes propres