DzE CRäAcUv-MoONT.1685.Comment
elle eſt portée
au Palais de
Siam.
Marche dePAmbaſſa-deur dans laVille.
II arrive auPalais. Coursqu'il traverſe.
44 vOYAGES DANS LEIderrière. I la porta juſqu'au bord de la Rivière, où je trouvai un Balonextrémement beau& fort doré, dans lequel étoient deux Mandarins du-premier ordre. je pris la Lettre des mains de Abbé de Choiſy;;&Fayant portée dans le Balon, je la remis à l'un de ces Mandarins, qui lapoſa ſous un dais fait en pointe, fort élevé,& tout éclatant de dorure.P'entrai dans un autre Balon très-magnifique, immédiatement aà la ſuite decelui de la Lettre, qui en avoit deux autres à ſes cêtées. L'Abbé de Choi-ſy étoit dans un cinquieẽme, immédiatement derrière le mien;& les Gen-tilsnommes, qui formoient mon cortége, venoient après lui dans d'autresBalons, avec toutes les perſonnes de ma ſuite. Ceux des Mandarins étoientà la téte. On comptoit douze Balons tout dorés,& près de deux cens au-tres qui voguoient ſur deux colomnes, au milieu deſquelles étoient la Let-tre du Roi, les deux Balons de garde& le mien. Toutes les Nations deSiam aſſiſtoient au ſpectacle;& la Rivière, quoique très-large, paroiſſoitcouverte de Balons. Nous avangàmes, dans cet ordre, juſqu'à la Ville,dont les canons me ſaluèrent; ce qui ne s'étoit jamais fait pour aucun au-tre Ambaſſadeur. Ije fus ſalué aufſi par tous les Navires;& lorſque je deſ-cendis à terre, je trouvai un grand char tout doré, qui n'avoit jamais ſerviqu'au Roi.
IE pris la Lettre de Sa Majeſté,& je la mis dans ce char, qui étoit tras-né par des chevaux& pouſſé par des hommes. Enſuite j'entrai dans unechaiſe dorée, portée für les épaules de dix hommes. L'Abbé de Choiſyen eut une moins belle. Les Gentilshommes de mon cortège& les Man-darins étoient à cheval. Toutes les Nations étrangères marchoient à piedpar derriere.
LàA marche garda cette forme juſqu'au Chàteau du Gouverneur, où jetrouvai deux hayes de Soldats, qui avoient des bonnets de métal doré, unechemiſe rouge,& une eſpéèce d'écharpe de toile peinte, qui leur ſervoitde culotte, ſans bas& ſans ſouliers; les uns armés de mouſquets, les au-tres de lances, d'autres d'arcs& de fléches,& d' autres de picques. Onentendoit le bruit d'un grand nombre de trompettes, de tambours, de tim-bales, de muſettes, d'une ſorte de petites cloches,& d'autres inſtrumensen forme de cors. Je continuai de marcher le long d'une grande rue, bor-dée d'une foule de peuple. Enfin, j'arrivai dans une grande place qui eſtdevant le Palais du Roi, où l'on avoit rangé, des deux côtés, un grandnombre d'éléphans de guerre. T'entrai de-Ja dans la premiêère cour du Pa-lais, où je trouvai environ deux mille Soldats, aſfſis fur leur derriere, leurs
mouſ-„ me la remettre à moi, pour la montrer au„ me donnera, à moi ſeul, un Balon du„ Peuple& la porter à l'audience. II y a„ Roi: j'irai à'audience, à cêté de M.„ confenti;& M. Conſtance auſſi, qui vou-.„ l'Ambaſſadeur,& j'y aurai une place rè-„ loit ſeulement que la Lettre fůt expoſée à„ glée& honorable“. Pag. 240& ſuivantes.„ la vüe de tout le monde. Par-là, je me(Remarquez que l'Abbé de Choiſy étoit„ ſuis donné un rang fort honorable; au- nommé pour demeurer Ambafſadeur ordi-„ lieu qu'auparavant j'étois aſfez embarraſ- naire à Siam, ſuppoſé que le Roi et em-„ fé de ma perſonne, n'ayant qu'une mai- braſfſé le Chriſtianiſme, comme on s'en 6-„ gre coadjutorerie& un caractére en idée. toit flatté mal- à. Propos. Voyez la Rela-
„ faudra bien honorer celui qui touchera tion précédente.„ la Lettre du plus grand Roi du Monde. On
„