8du Roi deSiam& ſaparure.
46 VOYVAGES DANS'LE
onſtance, qui m'accompagnoit, rampant ſur ſes genoux& ſur ſes
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mains, me fit ſigne& me cria même de hauſſer le bras. ſe feignis de nele point entendre,& je tins ferme. Le Roi, ſe mettant à rire, ſe leva,& ſe baiſſa pour prendre la Lettre dans le vaſe. Il ſe pancha de manièerequ'on lui vit tout le corps. Auffi-têôt qu'il Peut priſe, je lui fis ma révé-rence,& je me retirai ſur mon ſieége().
LE Roi me demanda des nouveſles de Sa Majeſtée& de toute la Maiſonroyale de France. II voulut être informé du fuccès des armes Françoiſes,qui venoient d'emporter Luxembourg;& s'Ctant réjoui de nos victoires,i] ajouta qu'iil avoit envoyé en France de nouveaux Ambafſadeurs, qui é-toient partis de Bantam dans le Soleil d'Orient. L'Evéeque de Metellopolisſervoit d'Interpréte entre ce Monarque& moi. La Couronne que le Roide Siam avoit ſur la téte étoit enrichie de diamans. II la portoit autourd'un bonnet qui s'élevoit au-deſſus,& qui reſfembloit beaucoup à celui denos Dragons. La veſte étoit d'une trés-belle étoffe d'or, garnie aux poi-gnets& au cou d'un grand nombre de diamans, qui formoient une eſpecede collier& de bracelets. IIl avoit auſſi beaucoup de diamans aux doigts.Je ne pus obſerver ſa chauſſure, parceque dans cette premiere audienceje ne lui vis que la moitié du corps(F†). Quatre-vingt Mandarins, qui é-toient proſternés dans la ſalle, ne quittéerent pas cette poſture juſqu'au mo-ment de ſon départ. IIs n'avoient ni bas ni ſouliers;& leurs habits reſ-ſembloient à ceux que j'ai décrits, avec un bonnet ſans couronne„ de laméeme forme que celui du Roi(g). Cr.
(e) L'Abbé de Choiſy raconte le même gue, il a pris ſa réſolution. II s'eſt avan-&vénement, avec des circonſtances qui ſer-„ cé fièérement vers le trne, en tenant lavent à LSclaircir.„ II faut vous expliquer„coupe d'or ou étoit la Lettre,& a préſen-„ici, dit-il, un incident fort important.„ té la Lettre au Roi ſans hauſſer le coude,„ M. Conſtance, en réglant toutes choſes,„ comme ſi le Roi avoit été auſſi bas que„ avoit fort inſiſté à ne pas changer la cou-„ lui. M. Conſtance, qui rampoit à terre„ tume de tout l'Orient, qui eſt que les Rois„ derriére nous, crioit à l'Ambaſſadeur,„ne regoivent point les Lettres de la main„ Haulſſez, bauſſez: mais il n'en a rien fait;„ des Ambaſſadeurs. Mais Son Excellence„& le bon Rol a été obligé de ſe baiſſer à„ avoit eté ferme à vouloir rendre celle du„ mi- corps hors de la fenêtre, pour pren-„ Roi en main propre. M. Conſtance avoit„ dre la Lettre,& l'a fait en riant; car voici„ propoſé de la mettre dans une coupe, au„ le fait. II avoit dit à M. Conſtance; Je„ bout d'un baäton d'or, afin que M.'Am-„ t' abandonne le debors; fais Pimpoſſible pour„ haſſadeur püt Pélever juſqu'au tréne du„ bonorer!Ambaſſadeur de France, Jaurai ſoin„ Roi: mais on lui avoit dit qu'il falloit ou„ du dedans. II n'avoit pas voulu abbalſſer„ abbaiſſer le trone ou élever une eſtrade,„ ſon trône, ni faire mettre une eſtrade,&„ afin que Son Excellence la pùt donner au„avoit pris fon parti, en cas que P'Ambaſ-„ Roi de la main à la main. M. Conſtance„ ſadeur ne hauffàt pas la Lettre juſqu'à ſa„ avoit aſſuré que cela ſeroit ainſi. Cepen-„ fenêtre, de ſe baiſſer pour la prendre.„ dant nous entrons dans la ſalle,& en„ Cette poſture du Roi de Siam m'a rafraf-„ entrant nous voyons le Rofà une fenétre,„chi le fang;& j'aurois de bon cœur em-„au moins de ſix pieds de haut. M. PAm-„ braffé'Ambaffadeur, pour l'action qu'il„ baſſadeur m'a dit tout bas: je ne ſaurois„venoit de faire“. Pag. 253& ſuiv.
„ lui donner la Lettre qu'au bout du bàton,(F) Voyez le Portrait de ce Prince dans„& je ne le ferai jamais. J' voue que j'ai la Kelation précédente.„ Eté fort embarraſſé. Je ne favois quel(g&) Le Chevalier de Fourbin témoigne,
„ Conſeil lui donner. Je ſongeois à porter dans ſes Mémoires, qu'il ne trouva rien„le ſiege de M. l'Ambaſſadeur auprès du d'admirable dans l'air des Mandarins, dans
„ tréne, afin qu'il puùt monter deſſus; quand leurs ajuſtemens& dans leur poſture.„ tout d'un coup, aprés avoir fait ſa haran-