ROYAUME DE
tane, qui eſt un Royaume particulier, relevant du Roi de Siam;& le 27ils mouillérent heureuſement au terme.
DuorLouns Lettres, des Jéſuites que le Pêre Tachard avoit laiſſés à Siamdans le deſſein de paſſer à la Chine, l'inſtruiſirent, en arrivant, du fuc-cês de leur Voyage. IIs les regut preſqu'en deſcendant au rivage, desmains du Père Manonat, qui faiſoit ſa réſidence à Siam. La liaiſon qu'ellesont avec ſon propre V oyage dont on peut dire même qu'elles font unepartie eſſentielle,& la diffculté de les placer dans un lieu plus convena-ble, m'oblige d'interrompre ici le Journal de Auteur, pour faire place,du moins, à Fextrait de celle qui appartient à ce Recueil par ſon titre&par fa matiere.
S I A M, Lrv. II. 67
Voyage du Pore de Fontenay, de Siam à la Chine(a).
E Vaiſſeau Siamois qui devoit porter ce Mathématicien SSscieine& ſes Compagnons n'ayant été prét que le 2 de Juillet 1686, ils par
tirent de Siam, le ſoir, dans un Balon du Seigneur Conſtance, pour arriverle lendemain à Bancock, o0uù ils ne paſſèrent qu'une nuit. IIs y quittèrent àregret le Père le Comte, deſtiné comme eux à la Chine, mais retenu à Siamjuſqu'à Parrivée des Pêres qu'on attendoit de France. Le jour ſuivant, ilsſe rendirent à la Barre de Siam, trois lieues au-delà de l'embouchure de laRivière(b). IIs y trouvèrent douze Batimens préêts à faire voile, les unsà la Chine& au Japon, les autres à Manille. Comme la ſaifon étoitavancée, le Capitaine qui étoit chargé de la conduite des Mathémati-ciens, ſe haàta de partir ſans avoir achevé ſa charge,& mit à la voile le10 de Juillet.
LE chemin de Siam à Macao eſt de gagner d'abord certaines montagnes,éloignées d'environ trente lieues de la Barre, vers le Sud-Oueſt. Les. Por-tugais les nomment Penchos, c'eſt-à-dire, Peignes; apparemment parcequeles pointes de ces montagnes paroiſſent rangées& ſerrées dans une Sligne, comme les dents cun peigne. On tourne de-la vers le Sud-Eſt,enſuite vers'Eſt, pour aller à Pulo-Ubi& Pulo-Condor, Iiles du Royaumede Camboye. On côtoye toute la Cochincl hine, d'où l'on tire droit à San-cian, Iſle célèbre] par la mort de S. Frangois Xavier,& la première des II ſlesde Macao, laiſſant l'Ifle de Hainan à la gauche; de-ſorte que pour faire leVoyage ona beſoin de deux ſortes de vents, les uns qui méênent au Sud-Sud-Oueſt, les autres à Eſt. Ceux qui r gnent pendant les mois de Mai,
de
(a) Pag. 127& ſuiv.
(5b) Fonten⸗ ay obſerve que preſque toutesles Cartes marines, qu’'il avoit vuͤes, met-tent la Barre de Siam à treize degres qua-rante-cinq minutes de latitude ſeptentriona-le;& que cependant, ſi l'on en juge par lahauteur du Pole qu'il avoit trouvée pourLouvo, qui eſt de quatorze degrés quaran-te- deux minutes, trente ſecona des,& parcelle de la Ville de Siam, que le Père Tbo-
mas a trouvée de quatorze degrés dix-huitminutes, il faut que celle qu'on donne com-munément à la Barre ſoit un peu moins gran-de: car de l'embouchure de la Rivière juſ-qu’'à la Ville de Siam, on compte pour lemoins trente lieues par eau;& quoique laRivière tourne beaucoup, ce n'eſt pas juſ-qu'à faire croire qu'il n'y att que dix lieuesen droiture de l'une à P'autre.
I 2
TAcHARDII. Voyage.1 687.
FoxrENAX.
1686.
Départ deSiam. Le Pé-re le Comtey eſt retenu.
Chemin deSiam à Ma-cao.