Band 
Tome douzième.
Seite
119
JPEG-Download
 

ROYXAUME DE SIA M, Lv. II. 119„ neur, ſi pour de l'argent, on ne pourroit pas avoir des herbes, des fruits„& quelques autres rafraichiſſemens. Il me répondit amay. Nos gensqui attendoient de mes nouvelles avec la derniere impatience, me crie-

2. S„ rent du plus loin qu'ils me virent, ſi j'apportois des rafraichiffemens.„ Amay, leur repondis-je, ſi ce n'eſt des piquũres de mosquites, qui nous

„ ont perſécutés pendant toute nôtre courſe()“.

Crns maiſons fort propres& magnifiquement meublées qui, dans le lan-gage du Pèêre Tachard(†), furent élevées, de diſtance en diſtance, ſur lebord de la Riviére, pour loger l'Ambaſſadeur& ſa ſuite, n'étoient, ſui-vant Forbin, que des cabanes de joncs, doublées de groſſe toile peinte.Ces maifons étoient mouvantes. Des que P Ambaſſadeur& ceux de fa fuiteen étoient fortis on les démontoit,& elles fervoient alternativement pourle lendemain. Dans ce mouvement continuél on approcha de la Capitale,dont 1'Auteur ne fait pas une deſcription plus magnifique.

„ JE ne ſgaurois m'empecher, dit-il, de relſever encore ici une be-„ Vve de nos faiſeurs de Relations. IIs parlent à tout bout de champ d'une„»„ Prétendue Ville de Siam, qu'ils appellent la Capitale du Royaume, qu'ils„ ne font gusres moins grande que Paris,& qu'ils embelliſſent comme il„ leur plait. Ce qu’il y a de bien certain, c'eſt que cette Ville ne ſubſiſta„ jamais que dans leur imagination; que le Royaume de Siam n'a d'autre„Capitale que Odia ou Joudia,& que celle-ci eſt à peine comparable, pour„la grandeur, à ce que nous avons en France de Villes du quatrième oudu cinquiême ordre.

„ La maiſon qu'on avoit préparé pour loger l'Ambaſſadeur, toit debrique, petite& mal bâtie, quoique ce fut la plus belle de la Ville. Caron ne doit pas compter de trouver, dans le Royaume de Siam, des Palaisqui répondent à la magnificence des nôtres. Celui du Roi eſt fort vaſ-te, mais ſans proportion& ſans goũt. Tout le reſte de la Ville, quieſt très-mauſſade, n'eſt compoſé que de maiſons de bois ou de joncs, ſiFon excepte une ſeule rue d'environ deux cens maiſons, aſſez petites,bäties de brique,& à un ſeul étage. Ce ſont les Maures& les Chinoisqui les occupent. Dour les Pagodes, elles ſont de brique,& reſ-ſemblent aſſez à nos Egliſes. Les maiſons des Talapoins, qui ſont lesMoines du Pays, ne ſont que de bois, non plus que les autres“.IIL n'y a rien à recueillir du détail où PAuteur entre au ſuüjet de la pre-miére audience du Chevalier de Chaumont. Son emploi de Major de FAm-baſfade lui ayant ſouvent procuré l'occaſion de paroitre à la Cour, pourtraiter du cérémonial, qui eſt fort fatigant dans ce Pays, le Roi conguttant d'eſtime pour lui, qu'il ſouhaita de le retenir auprês de ſa perſonne.M. Conſtance qui ne demandoit pas mieux, ſgut adroitement fortifier lesdiſpoſitions du Prince. IIl regut ordre d'en parler à Ambaſſadeur, qui ré-pondit qu'il n ctoit pas le mattre de la deſtination d'un Officier du Roi, ſur-rout d'une naiſſance auſi diſtinguée que le Chevalier de Forbin. Ce refusne fit que redoubler'empreſſement de M. Conſtance. Aprés bien des rai-ſons

22

22222222222222222222

(e) Comparez cette deſcription avec celle que Tachard fait de la même route„ci · deſſusD g. 17& 18.(F) Lid.

FoRPIN.

1685.

Maiſonsmouvantespour les Fran-gois.

Ce quec'eſt que laprétendueVille de Siam.

Ses édifices.

Le Roi deSiam veut re-tenir l'Auteurauprès de lui.