FoRnmnIN.1685.
La garniſonPortugaiſe ſerevolte.
Fermeté de„'Auteur& deM. Conſtan-ce.
Les 86di-tieux ſont ap-paiſés& pu-nis.
Mauvaiſeaffaire oùConſtance ſetrouve enga-86.
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à Bancok, pour y faire travailler à un nouveau Fort, qui devoit être remisaux Troupes Frangçoiſes que le Roi de Siam avoit demandées,& qu'il at-tendoit au retour des Ambaſſadeurs. IIs y tracêèrent un Pentagone. Pen-dant qu' ils étoient occupés à diſpoſer les travailleurs pour commencer lesfoſſés, le Commandant de deux Compagnies de Portugais Métifs ou Créo-les, que le Roi entretenoit dans l'ancien petit Fort de Bancok, vint leurdire que ſes Soldats s'étoient mutinés, parcequ'ils ne vouloient pas obéirà un Officier Frangois. Un Préêtre de leur Nation les avoit excités à larevolte. Aufſi-tét une troupe de ces Séditieux parut en armes, marchantdroit au Fort. Le Chevalier de Forbin qui les découvrit le premier, du hautd'un baſtion, en avertit M. Conſtance,& crũt qu'il étoit de la prudence des'aſſurer de l'Officier Portugais, dont la conduite lui paroiſſoit fort ſuſpecte.I!le deſarma fans peine,& Iui tenant la pointe de P'épée ſur la poitrine, lemenaga de le tuer, s'il ne crioit à ſes Soldats de s'en retourner. Conſtan-ce paya de ſa perſonne dans cette occaſion. II fortit du Fort,& s'avan-gant vers les Mutins, qui n'en étoient plus qu'à dix pas, leur demandad'un ton ferme ce qu'ils prétendoient faire. Tous d'une commune voixlui répondirent, quw'ils ne vouloient point de Commandant Frangois. LeMiniſtre aufſi ſpirituel que brave, les aſſura que le Chevalier de Forbindevoit bien commander les Siamois, mais non les Portugais. Cette repar-tie ſembloit les calmer, lorſqu'un de la troupe mettant la main ſur la gardede fon épée, exhorta ſes Camarades à ne point ſe fier à ces promeſſes.Conſtance, qui ſe vit au moment d'être maſſacré, ſaute ſur ce malheu-reux qu'il déſarme,& aprés avoir adouci les autres par de bonnes parolesil les renvoya chez eux. On tint une eſpece de Conſeil de Guerre pourfaire le procès aux coupables. Les Chefs furent exécutés à mort, quelques Offi-ciers exilés,& les Soldats condamnés aux Galères au bout d'un certain tems,
pendant lequel ils devoient éetre employés aux nouvelles fortifications.CrrrE exécution faite,& les ordres néceſſaires donnés pour avan-cer les travaux, Conſtance&'Auteur retournéèrent à Louvo. A leurarrivée le Miniſtre ſe trouva engagé dans une facheuſe affaire qui faillità le perdre. Son avidité pour Ie gain la lui avoit attirée, à l'occaſion ſui-vante. Avant ſon départ pour Bancok, il avoit voulu acheter une cargai-ſon de fandal, d'un Frangois refugié, nommé de Rouan, qui refuſa de lalui vendre au prix qu'il lui en offroit,& M. Conſtance, pour s'en van-ger, l'avoit fait mettre aux fers, ſous d'autres prétextes. Dans ſon ab-ſence, le Facteur Frangois de la Compagnie Orientale, étoit venu à Lou-vo, demander reparation de l'injure faite à ſa Nation; ou qu'il lui fut per-mis de fortir du Royaume avec tous les Frangois. Le Roi promit de luirendre bonne juſtice au retour de ſon Miniſtre. Celui-ci informé de la dé-marche du Facteur, ſe tranſporta au Palais, ſans perte de tems, comptantde détruire d'un ſeul mot les accuſations qui avoient été miſes à ſa char-ge. II ſe trompoit. Le Roi irrité le maltraita de paroles, menaçant de lepunir s il ne ſe juſtifioit dans la journée. Conſtance répondit en peu de mots,que perſonne m'avoit plus d'égards que lui pour les Frangois; qu'il ſupplioitSa Majeſté de s'en rapporter au Chevalier de Forbin; qu'etant par ſa naiſ-ſance& par ſes emplois fort au deſſus de ce Facteur, il y avoit.qu’'i