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Tome douzième.
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FoRnIN.1685.

Préſensqu’'il regoitdu Roi.

Conſtanceeherche à ſedéfatre delui.

1686.

Üümar Tscr-

Revolte desMacaſſars àLiam.

Premièreconſpirationd'un de leursPrinces.

Il en formeune ſecondeavec les Prin-ces de Cham-

pa.

portécs dans les Relations de Macaſſar.

VvVOYAGES DANSLE

attitude. Là, ils firent tous enſemble une ſeconde revérence, en ſe levantſur les genoux,& battant du front à terre, les mains jointes au deſſus dela téete. Tout ceci ſe paſſe dans le plus profond ſilence. Enfin, ils firentune troiſiéme revérence, ſous la fenêtre du Roi. Ce Prince envoya alorsle bétel au Chevalier, en lui diſant qu'il le recevoit à ſon ſervice. La cé-rémonie ſe termina à-peu-prêes comme elle avoit commencé. On ſe retiraen rampant todjours ſur les coudes& les genoux, mais à reculons,& fai-ſant les trois revérences, pendant que le Roi, qui ſe tenoit à ſa fenêtre,les reconduiſoit des yeux, juſqu'à Pendroit d'ouù ils étoient parris. C'eſt-la qu'un des Mattres de Cerémonie préſenta à'Auteur, une boëte d'or&c'argent avec ſes inſtrumens qui fervent pour le bétel;& le Roi voulantajöüter grace ſur grace, lui envoya encore deux pièces d'étoffe à fleursd'or, dont il eüt dequoi faire deux habits magnifiques.

Cns dernières marques de la bonté du Roi excitèrent encore plus vio-lemment la jalouſie de M. Conſtance contre'Auteur, qui l'accuſe d'avoirméême voulu Pempoiſonner dans du lait qu'il lui envoya,& dont quatre deſes Eſclaves, qui en mangèerent, moururent ſur le champ. Cette premièretentative lui ayant manqué, il ſongea à l'éloigner au moins de la Cour.Les circonſtances où le Royaume ſe trouva pour lors, lui en fournirentbien-têt l'occaſion;& ſon eſprit fécond en expédiens lui fit imaginer tantd'autres moyens de ſe défaire de ce Rival, qu'il ne douta plus qu'il nedat enfin ſuccomber. L'événement qui favoriſoit ſes vües, fait une par-tie intéreffante des Mémoires de FAuteur;& M. de la Mare, IngénieurFrangois, qui étoit reſté avec lui à Siam, en a donné auſſi une excellenteRelation, que Tachard a inſerée dans celle de ſon ſecond Voyage. C'eſtde ces deux différens récits que nous en allons former un troiſiéème, quiĩréünira ce qu'ils ont de plus remarquable.

UN Prince de Macaſſar, fuyant Ia colère du Roi ſon frêre(1),& ſuiviPenviron trois cens des fiens, étoit venu, depuis quelques années, de-mander azile au Roi de Siam, qui touché de ſon malheur, le regut avecbonté,& lui aſſigna un quartier hors de Penceinte de la Capitale, pourg'y établir avec ceux de ſa Nation, près du Camp des Malais, qui étoientMahométans comme eux. Enfin les bienfaits du Roi ne conſultèrent queles beſoins du Prince; mais le naturel remuant& ambitieux de ce dernier,Lui fit bien-tõt oublier ce qu'il devoit à ſon Libérateur. II étoit entré, cinqans auparavant, dans une conſpiration pour lui 6ter la vie,& pour met-tre ſon frere cadet fur le Trne. La trame en fut heureuſement décou-verte. Le Monarque généreux pardonna non-ſeulement à ſon frere, maisméme au Prince de Macaſſar,& à tous ſes Complices(m).

Uz grace ſi peu méritée ne fut point encore capabſe de lui inſpirer deplus nobſes ſentimens. II forma une nouvelle conjuration avec les Princesde Camboye, de Malaca& de Champa. Leur projet Stoit de faire mourirfe Roi, de ſe partager entr'eux le Royaume,& d'exterminer tous les Chré-

tiens

1912

(1) Les avantures de ce Prince ſeront rap- cette première conſpiration, qui n'Stoit pasarrivée de ſon tems.

(m) Le Comte de Forbin ne parle point de