d'OnULEAN
1688.
2
1689.
1690.
DE CHaLLEEs.
Introduction.
Arrivée deM. du Queſneà Pondichery.
178 VONXAGES DANSLE
na avec abondance& gratuitement, tout ce qui étoiĩt néceſſaire pour met-tre les Vaiſſeaux& les Hommes en état de continuér le Voyage.
LàA fortune ſembloit avoir changé pour nos Voyageurs, depuis cetteheureuſe rencontre. La Mer& les vents leur étant devenus favorables,ils étoient entrés dans la Riviére de Bengale,& ſe croyoient en ſureté àJa Rade de Balaſſor, lorſque quatorze Vaiſſeaux Anglois, qui faiſoient de-puis quelque-tems des courſes ſur les habitans du Pays, reconnurent la Fré-gate du Roi de Siam,& prétendirent qu'étant en guerre avec ce Prince,iis avoient droit de ſe ſaiſir de ces deux Batimens. M. du Bruant et beauſe deffendre par de bonnes raiſons: le Commandant Anglois en avoit unemeilleure, dans la force de ſon Eſcadre. On ne put lui oppoſer que devaines proteſtations. Ainſi il fallut prendre par Madras, le chemin dePondichery, où Don arriva le 15 Janvier 1689.
LEs François de Siam ſe retrouvant tous enſemble, déliberérent entr'euxſur ce qu'ils avoient à faire dans la conjoncture préſente. On convint, ditle Pêre d'Orleans, qu'on ſe mettroit en état de tirer raiſon des Siamois;&qu'en attendant on avertiroit le Roi de ce qui venoit de ſe paſſer à Siam.„Ceſt, ajoüte-t'il, pour exécuter le premier de ces projets, qu'ils ſont„ allés s'emparer de T'Ifle de Jonſalam, appartenante à ce Royaume; X„ ce fut pour exécuter le ſecond, qu’'on fit partir deux Vaiſſeaux, qui igno-„ rant l'état de l'Europe, furent fürpris, en paſſant au Cap de Bonne-Eſ-„ pérance,& conduits en Zelande, avec pluſieurs priſonniers, par les let-„ tres& les relations deſquels on a appris tous ces détails. Le Père Ta-„ chard, qui étoit fur le point de ſe rembarquer avec de nouvelles Trou-„ pes, que le Roi envoyoit au Roi de Siam, ne changea rien à ſes premis-„ res diſpoſitions. Ce Pere,& les trois Mandarins Siamois qui ont regu le„ Batémé en France, ſont partis à bord d'une Eſcadre, qui a mis à la voile„au commencement de Mars de cette année 1690, en état de peu crain-
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„ dre fur la route,& de ſe faire reſpecter au terme“.Derniers Eclairciſſemens ſur le ſort des Frangois de Siam.
EscapRE, qui fit voile au mois de Mars 1690, ſous la conduite de15 M. du Queſne, étoit compoſée de ſix Vaiſſeaux, tous équippés moi-tié en guerre,& moitié en marchandiſes, pour le compte de la CompagnieRoyale des Indes Orientales. On a un Journal de cette expédition(a),qui paroit avoir été fait pour M. de Seignelai, Secrétaire d'Etat de la Ma-tine, par un Ecrivain de Vaiſſeau, nommé de Challer, dont le caractère deſincẽrité& de franchiſe, lui avoit attiré la confiance de ce Miniſtre. C'eſtde lui que nous emprunterons ici des éclairciſſemens que v'article précédentHaiſſe à déſirer, pour achever de ſatisfaire la curioſité du Lecteur, ſur leſort des Frangois de Siam..
LORIFLAME qui portoit M. Des Farges, étoit déja parti pour'Euro-pe, ſans avoir rien entrepris contre'Ile de Jonſalam, quand M. du Queſ-ne
(a) Sous le titre de Fournal d'un Voyage fait aux Indes Orientaler,&c, ſans nom d Au-teur, en 3 Volumes, à Rouen chez Machuel, 1721.