DescarPrTIo NDU RoYAUMEDE SGIA M.
Palanquinsproprementlts.
ParaſolsS.amois.
Origine dunom de Ta-lapoin.
Spectaclesde Siam.
Saltinban-que qui voledans l'afr.
228 VOAGES DANS L E
ces Bàtimens ſont fort étroits, fort propres à fendre l'eau,& que l'Equi-page en eſt nombreux, il eſt difficile de s'imaginer avec quelle rapidité ilsvoguent mêeme contre le courant,& combien il y a de magnificence dansle ſpectacle d'un grand nombre de Balons qui voguent en bon ordre(a).
Er qui porte proprement le nom de Palanquin, à Siam, eſt une eſpecede lit, qui pend preſque juſqu'à terre, d'une groſſe barre que des hommesportent ſur leurs épaules,& qui difféère peu de ce qu'on a repréſenté ſousle nom de Hamak, dans les Relations de l'Afrique. Cette voiture n'eſtpermiſe qu'aux Malades Siamois& à quelques Vieillards languiſfahs. Maison ne refuſe point aux Européens la permiſſion de s'en ſervir.
LusAGE des paraſols, que les Siamois nomment Roum, eſt un autreprivilège que le Roi n'accorde pas à tous ſes Sujets, quoique tous les Eu-ropéens en jouiſſent ſans diſtinction. Les parafols qui reſſemblent aux no-tres, c'eſt-à·dire, qui ne ſont compoſés que d'une ſeule toile ronde, paſſentpour les moins honorables. Ceux qui ont pluſieurs toiles autour d'un mé-me manche,& qu'on prendroit pour pluſieurs paraſols Pun ſur l'autre, n'ap-partiennent qu'au Roi. Ceux qui ſe nomment Clot, compoſés d'un ſeulrond, mais duquel pendent deux ou trois toiles peintes, Fune plus baſſeque l'autre, ſont ceux que le Roi de Siam donne aux Sancrats, qui ſont lesSupérieurs des Talapoins. Il en fit donner de cette eſpéce aux Envoyés deFrance(b). Les Talapoins inférieurs ont des paraſols en forme d'écran,qu'ils portént à la main. C'eſt une feuille de palmite, coupée en rond&pliſſée, dont les plis ſont liés d'um fil pres de la tige;& la tige, qu'ilsrendent auffi tortue qu'une S, en eſt le manche. On les nomme Talapat,en Siamois;&, ſuivant l'obſervation de la Loubere, il y a beaucoup d'ap-parence que de-làa vient le nom de Talapoin, qui n'eſt en uſage que parmijles Etrangers. Les Siamois ne connoiſſent que celui de Tchaou-cou.
ON m'a pas voulu dérober, aux deux Relations de Tachard, l'agrémensde pluſieurs récits qui regardent les ſpectacles& les divertiſſemens de Siam.Ses remarques ont d'autant plus de poids, dans ſa propre narration, qu'a-
ant afſiſté aux fetes qu'il repréſente,& déclarant qu'il y étoit forcé parPordre du Roi, ſon indifférence, pour des amuſemens ſi profanes, lui laiſ-ſoit une liberté d'attention, dont un Spectateur moins religieux n'eſt pastocjours capable dans emportement du plaiſir. Il a donné la deſcriptiond'une chaffe d'éléphans, d'un combat entre quelques-uns de ces animaux,& d'un autre combat entre un éléphant& un tygre. II a parlé des illumi-nations, des comédies, des danfeurs de corde,& des marionettes(α)eMais il paroît avoir négligé quelques explications curieuſes, que la Louberea recueillies plus ſoigneuſement..
A Poccaſion des Danſeurs, cet Ecrivain rapporte, qu'il y avoit à la Courde Siam, un de ces hardis Saltinbanques, qui ſe jettant du haut d'un bam-
bou,
(a) Voyez dans la première Relation de Tachard. I parle auſſi des combats de coqs;Tachard,& dans celle de Chaumont, plu- mais il n'ajoùüte pas qu'ils ont été défendusfieurs deſcriptions de ce ſpectacle. à la priêre des Talapoins, parcequ'il en cou-
(b) Lbid. pag. 129. toit toujours la vie à quelques coqs.
(«) Voyez le premier Voyage du Père-