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Tome douzième.
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ROYAUME DE SIA M, Lrv. II. 257

pour éviter inondation. On les arroſe ou, comme nos jardins, avec desarroſoirs, ou par le moyen de quelques réſervoirs encore plus hauts, dansleſquels on retient l'eau de pluye. Mais, ſoit que le Peuple foit effrayẽdu travail ou de la dépenſe, la Loubere raconte que le Roi ſeul recueilledu froment;& peut-être moins pour le goũt que par curioſité. Les Fran-Fois habitués dans le Royaume faiſoient venir de la farine de Surate.„Le„ pain que nous recevions du Roi de Siam, ajoũte le même Voyageur,„ Stoit ſi ſec, que le riz à l'eau pure me paroiſſoit plus agréable. Cepen-„ dant, quelques Européens m'aſſuroient que le froment eſt bon à Siam,„ X que la féchereſſe de nôtre pain devoit venir d'un peu de farine de„ riz, qu'on y méeloit ſans doute, de peur qu'il ne vint à manquer“.

LEs Siamois employent également au labourage, les bufles& les bœufs;ils les conduiſent avec une corde, paſſée par un trou qu'ils leur font au car-rilage qui ſépare les nazeaux,& qu'ils paſfent aufſi dans un anneau qui eſtau bout du timon de leur charrue. Au reſte, rien n'eſt plus ſimple que cetinſtrument de leur agriculture. II eſt fans roue,& compofé de troispiéces de bois: l'une qui eſt un baton aſſez long, pour ſervir de timon; unautre recourbé, qui en eſt le manche;& un troiſiéme, plus court& plusfort, attaché au bas du manche, à angles preſque droits. C'eſt celui-ciqui porte le ſoc;& ces quatre pieces ne ſont liées qu'avec des courroyes.

Ox voit, à Siam, du blé de Turquie, mais ſeulement dans les jar-dins. Les Siamois en font bouillir ou griller'épi entier, ſans en déta-cher les grains,& le mangent dans cet état. IIs ont des pois& d'au-tres léegumes, dont nos Voyageurs ſe contentent de dire qu'ils ne reſſem-blent point aux nõtres. Cependant la Loubere vit dans leurs mains d'ex-cellentes patates& des ciboules; mais il n'y vit pas d'oignons. II vit desgroſſes raves, de petits concombres, de petites citrouilles, dont le dedansétoit rouge, des melons d'eau, du perſil, du baume& de'oſeille. Nosracines,& la plüpart des herbes dont nous compoſons nos ſalades, leurſont inconnues; quoiqu' il y ait apparence que toutes ces plantes, qui croiſ-ſent à Batavia, ne réüſſiroient pas moins dans le Royaume de Siam.

LEs tubereuſes y ſont fort communes. On y voit aſſez d'œillets, maispeu de roſes;& toutes ces fleurs y ont beaucoup moins d'odeur qu'en Eu-rope. Le jaſinin y eſt ſi rare, qu'il ne s'en trouve, dit-on, que dans lesjardins du Roi. Les amaranches& les tricolors le ſont moins. Mais à laplace de nos autres fleurs, que le Pays ne produit point, ou qu'on n'y a ja-mais portées, on y en touvè un grand nombre qui lui ſont particulieres,&qui ne ſont pas moins agréables par leur couleur& leur forme, que parleur odeur. Quelques-unes ne font ſentir leur parfum que la nuit, parcequ'il ſe diſſipe dans la chaleur du jour.

LEs vaſtes forets dont le Royaume de Siam eſt couvert, fourniſſent auxHabitans une grande variété d'excellens arbres. On ne nomme pas le bam-bou, ni quantité d'autres qui leur ſont communs avec tous les Pays des In-des. Mais entre les cotoniers, qu'ils ont en abondance, on vante beau-coup celui qui ſe nomme Capoc. II proquit une eſpèce d'ouate, ſi fine qu'onne peut la filer,& qui leur tient lieu de duvet. IIs tirent de certains ar-bres, diverſes huiles, qu'ils melent dans leurs cimens, poer les rendre plus

XII. Part. Kk onc-

DeschyrrrorDU RoyAbMgzDE SIAM.

Légumes.

Fleurs.

Arbres&bois.