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Tome douzième.
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ROYAUME DE SIA M, Lrv. II. 2359

arbre de cette eſpéèce n'eſt pas attaqué de cette précieuſe corruption;&comme elle n'arrive pas non plus aux memes parties, c'eſt une rechercheaſſez difficile dans les forêts de Siam(e).

LE Thé, dont les Siamois font beaucoup d'uſage, leur vient de la Chi-ne; le Caffé de'Arabie,& le Chocolat de Manille, Capitale des Philippi-nes, ou- les Eſpagnols le portent des Indes Occidentales; mais l'Areka&le Bétel, qu'ils cultivent ſoigneuſement, ſont ſi communs dans le Pays,que jamais on n'y eſt expoſé à manquer d'un ſecours dont P'habitude a faitune nécefſité à tous les Indiens. Comme l'effet de la chaux rouge qu'on ymele, eſt de laiſſer ſur les dents& ſur les léèvres une teinture vermeiſle, quis'Spaiffit peu-à-peu ſur les dents juſqu'à devenir noire, les Siamois, qui ſepicquent de propreté, achèvent de les noircir, avec le ſuc de certaines raci-nes& des quartiers de citrons aigres, qu'ils tiennent pendant quelque-temsſous leurs joues& ſous leurs levres. Pour Puſage qu'ils ont auſſi, de rougirFongle du petit doigt de leurs mains, ils y mettent, aprées J'avoir ratiſfé,un certain ſuc, qu'ils tirent d'un peu de riz pilé dans du jus de citron, avecquelques feuilles d'un arbre qui reſſemble parfaitement au grenadier, maisqui ne porte aucun fruit.

Tous les arbres fruitiers des Indes croiſſent heureuſement à Siam,& nelaiſſent manquer les Habitans d'aucune de ces eſpèces de fruits. On remar-que en géneral que la plüpart ont tant d'odeur& de go0t, qu'on ne lestrouve délicieux qu'après s'y être accoũtumé. Au contraire, les fruits de'Europe paroiſſent fans goüt& ſans odeur, lorſqu'on eſt accoutumé auxfruits des Indes(†). La Loubere, parlant des fruits de Siam, aſſure qu'àTexception des oranges, des citrons,& des grenades, les Siamois n'ontaucun des fruits que nous connoiſſons. II n'a pas même reconnu nos figuesdans celles qu'ils eſtiment le plus. Elles n'ont pas, dit-il, la bonté des nô-tres. Leur grandeur& leur figure eſt celle d'un cervelat. Leur chair eſtmolle& paâteuſe,& l'on n'y voit pas ces petits pepins, qui font comme ungravier dans nos figues, lorſqu'elles ſont un peu ſéches. Les melons deSiam ne font pas non plus de vrais melons. Mais le même Auteur ne trou-ve au ſucre Siamois, qui croiĩt en abondance dans les plus belles cannes dumonde, que le défaut d'etre mal préparé. Les Orientaux n'ont pas d'autreſucre purifié que le candi(). Ona planté quelques vignes dans les jardinsdu Roi de Siam, qui n'ont donné qu'un petit nombre de mauvaiſes grappes,dont le grain crott petit,& d'un goũt que les Frangois trouvoient amer(Lh).

LEs Indes Orientales n'ont pas de Pays qui ait la réputation d'etre plusriche en mines, que le Royaume deSiam. La multitude d'Idoles,& d'au-tres ouvrages de fonte qu'on y voit de toutes parts, perſuade en effet qu'el-les étoient anciennement mieux cultivées qu'aujourd'hui. On croit mêmeque les Siamois en tiroient cette grande quantité d'or, dont la ſuperſtitionleur a fait orner juſqu' aux lambris& aux combles de leurs Temples. Us

découvrent ſouvent des puits, autrefois creuſés,& les reſtes de quantitéde

(e) Ubi ſup. Tom. I. pag. 37.(g) La Loubere, Tom. I. pag. 71.(F†) Tbid. pag. 62. Voyez Hiſtoire Na-(b) Ibid. pag. 60.turelle génerale des Indes.Kk 2

DgscamriowvDU RovAUasfrDE SIAM.

Sucs de racines& defeuilles dontles Siamois ſenoirciſſent lesdents& ſerougiſſent lesongles.

Fruicts.

Mines deSiam.

Anciennesmines.