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Tome douzième.
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DeschmrioN

DU RovAuMEDE SIAMRecherches

modernes.

Recherchesd'un MédecinFrançois.

Mines deplomb&d'étain.

Calin.&manière de lepréparer.

260 VOXAGESDANSL E

de fourneaux, qui peuvent avoir été abandonnés pendant les anciennes guer-res du Pegu. Cependant les derniers Rois n'ont pül rencontrer aucune vei-ne d'or ou d'argent qui valqt le travail qu'ils y ont employé. Celui qui rè-gnoit à Parrivée des Envoyés de France, s Etoit ſervi de quelques Européenspour cette recherche; fur-tout d'un Eſpagnol venu du Mexique, quiavoit trouvé pendant vingt ans,& juſqu'à ſa mort, de grands avantagesà flatter lavarice de ce Prince par des promeſſes imaginaires. Elles n’'ontabouti qu'à découvrir quelques mines de cuivre, aſſez pauvres, quoiquemeélées d'un peu d'or& d'argent. A peine cinq cens livres de mines ren-doient-elles une once de métal;& le Chef de l'entrepriſe, non plus que lesSiamois, n'étoit pas capable d'en faire la ſéparation. Le Roi de Siam,pour rendre ce mêlange plus précieux, y fait ajoùter de l'or. C'eſt ce quetoutes nos Relations appellent du. Tambac. On prétend que les mines deBorneo en produiſent naturellement d'aſſez riche. Mais ce qui en fait lavéritable valeur, c'eſt la quancité d'or dont il eſt mêlé.

LàA Loubere ramena, de Siam, un Médecin Provengal, nommé VLincent,qui étant ſorti de France pour aller en Perſe, s'toit laiſſfé conduire à Siampar le bruit du premier Voyage des Frangois. Comme il entendoit les Ma-thématiques& la Chymie, il y fut retenu pour travailler aux mines. Sonexemple ſervit à rectifier un peu les opérations des Siamois. II leur fit ap-percevoir, au ſommet d'une montagne, une mine de fort bon acier, quiavoit été découverte anciennement. II leur en découvrit une de criſtal,une d'antimoine, une d'émeril,& quelques autres; avec une carriêre demarbre blanc. Mais il ne leur indiqua point une mine d'or, qu'il trouvaſeul,& quil jugea fort riche, ſans avoir eu le tems d'en faire l'eſſai. Plu-ſieurs Siamois, la plüpart Talapoins, venoient le conſulter ſecrétement ſurPart de purifier& de ſéparer les métaux. IIs lui apportoient des montresde mines, dont il tiroit une aſſez grande quantité d'argent pur;& de quel-ques autres, un melange de divers métaux(i).

A Fégard de l'étain,& du plomb, les Siamois en cultivent depuis long-tems des mines tres-abondantes, dont ils tirent un aſſez grand revenu. Leurétain, que les Portugais ont nommé Calin, ſe débite dans toutes les Indes.Il eſt mou, mal purifié,& tel qu'on le voit dans les boëtes à thé commu-nes, qui nous viennent des Régions orientales. Pour le rendre plus dur&plus blanc, comme on le voit aufſi dans les plus belles boëtes à thé, ils ymélent de la cadmie, eſpèce de pierre minérale qui ſe réduit facilement enpoudre,& qui étant fondue avec le cuivre, ſert à le rendre jaune. Maiselle rend Pun& Pautre de ces deux métaux plus caſſant& plus aigre. Leé-tain, blanchi avec de la cadmie, ſe nomme Tbutenague.

On a découvert, dans le voiſinage de Louvo, une montagne de pierreq'aiman. Les Siamois en ont une autre, preês de Jonſalam, Ville ſituéedans une Hle du Golfe de Bengale, qui n'eſt ſéparée de la COte de Siam quede la portée de la voix. Mais PYaiman qu'ils tirent de Jonſalam ne confer-ve ſa force que trois ou quatre mois(X). ILs

(i) Tbid. pag. 39. M. Vincent étoit paſ- ge de Tachard, les expériences des Mathé-ſé en Perſe avec l'Evéque de Babylone. maticiens Jéſuites, près d'une montagne d'ai-(¼) Voyez ci⸗deſſus dans le ſecond Voya- man, qu'ils viſitérent.