ROYAUME DE SIAM, Llrv. II. 261
Irs ont, dans leurs montagnes, de l'agathe tres- fine. Quelques Tala-poins, qui font leur étude de ces recherches, montrérent à Vincent des ſa-phirs,& des diamans, ſortis de leurs mines. On aſſura la Loubere que di-vers particuliers ayant préſenté, aux Officiers du Roi, quelques diamansqu'ils avoient trouvés, s'etoient retirés au Pegu, dans le chagrin de n'avoirregu aucune récompenſe.—
LàA Ville de Campeng-pet, céléebre, comme on T'a deja fait obſerver,par ſes excellentes mines d'acier, en fournit aſſez pour faire des couteaux,des armes& d'autres inſtrumens à l'uſage du Pays. Les couteaux Siamois,qui ne font pas regardés comme une arme, quoiqu'ils puiſſent en ſervir aubeſoin, ont la lame d'un pied de long,& large de trois ou quatre doigts.On connoit peu de mines de fer, à Siam;& les Habitans entendent malFart de le forger. Auſſi n'ont-ils, pour leurs Galêres, que des ancres debois, auxquelles ils attachent de groſſes pierres. Ils n'ont pas d'épingles,d'aiguilles, de cloux, de cizeaux, ni de ferrures. Quoique leurs mallonsſoyent de bois, ils n'employent pas un clou à les bàtir. Chacun ſe fait deséSpingles de bambou, comme nos ancétres en faiſoient d'épines. Leurs ca-denats viennent du ſapon; les uns de fer, qui ſont excellens; d'autres decuivre, la plüpart fort mauvais.
Irs font de la poudre à canon, mais tres-mauvaiſe auſſi; ce qui n'empé-che pas que le Roi mien vende beaucoup aux Etrangers. On en rejette ledéfaut ſur la qualité du ſalpétre, qu'ils tirent de leurs rochers, ouù il ſe for-me de la fiente des chauve-ſouris; animaux qui ſont en fort grand nom-bre& trés grands dans toutes les Indes.
LINONDATIoON annuelle, qui fait périr la plüpart des inſectes, ſertaufſi à les faire renaitre en plus grand nombre, aufſi-têt que les eaux com-mencent à ſe retirer. Les maringouins ou les moſquites ont tant de forceà Siam, que les bas de peau les plus épais ne garantiſſent pas les jambes deleurs piquüres. Cependant les Naturels du Pays n'en ſont pas ſi mal trai-tés que les Européens. Un Voyageur obſerve que la Nature apprend aux
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animaux Siamois les moyens d'éviter l'inondation. Les oiſeaux qui ne per-
chent pas en Europe, tels que les perdrix& les pigeons, n'ont pas ici de
retraite plus familiêre que les arbres. On a déja lü, dans Tachard, que lesfourmis, doublement prudentes, y font leurs nids& leurs magaſins ſur lesarbres.
Ex parlant des animaux, le premier rang eſt du ſans doute à'éléphant,qui paroit Pavoir regu de la Nature, par ſes merveilleuſes qualités, autantque par la ſupériorité de ſa taille. Mais c'eſt un article éSpuiſé dans les Re-lations d'Afrique,& qui ne demande d'etre rappellé que pour faire obſer-ver, avec tous les Voyageurs, que de tous les Pays connus, Siam eſt toutà la fois celui qui contient le plus d'eléphans, qui en tire le plus d'utilité,& qui leur rend le plus d'honneur(1). Les Siamois parlent d'un éléphant
com-
(1) Voyez, dans les deux Journaux de blanc. L.a Loubere rapporte auſſi pluſieursTachard, pluſieurs détails curfeux, ſur le exemples de P'intelligence des éléphans,nombre& luſage des éléphans. Voyez dans Tam. I. pag. 138& ſuiv.le méme lieu ce qui appartient à l'éléphant
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DEschrrrronDU RovAUMEDE SIAM.
Pierres fines.
Mines d'a-cier& minesde fer.
Poudre à:canon deSiam.
Effets del'inondation.
Eléphans.