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Tome douzième.
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AUX INDES QGRIENTALES, Lrv. II. 307

QuverLaugs jours aprés, un de ſes coqs, qu'il avoit confié à la garded'un des premiers Seigneurs de la Cour, ayant été vaincu dans un combatpar un autre coq de moindre grandeur, il voulut ſavoir pourquoi le petitavoit plus de force que le grand. L.Orancaie, qui le voyoit en colère,répondit avec beaucoup d'humilité qu'il n'en pouvoit comprendre la raiſon;Et moi je la comprens, lui dit le Roi; c'eſt que vous avez mal nourri moncoq;,& que vous lui ôtez ſon riz pour le donner à vos Maitreſſes, ou quevous le mangez vous-même:& là-deſſus il donna ordre qu'on lui coupatune main par le poignet; ce qui fut exécuté ſur le champ. Beaulieu vitſortir du Palais ce malheureux Seigneur, avec une de ſes mains qu'il em-portoit dans F'autre.

Mals rien n'’approche d'un autre ſpectacle, dont il fut témoin. Le 24de Mars, s'étant rendu à Tordre du Roi, qui l'avoit fait appeller, il trouvace Prince occupé dans ſa chambre, à faire tourmenter cruellement cinq ouſix femmes. I perdit, à cette vũe, Feſpérance qu'il avoit ele d'en obtenirquelque faveur; quoiqu’il eùt crü d'autant mieux fondée, qu'il n'étoit ve-nu au Palais que par ſes ordres. Cependant, après Pavoir ſalué, il lui of-frit quelques bijoux de Europe, qu'il jugea capables de partager ſon atten-tion. Mais le cruel Monarque, tournant à peine les yeux fur ce qui luiavoit plo dans un autre tems, nm'ctoit attentif qu'à faäire augmenter desſupplices qui avoient déja duré trois heures. Beaulieu ſaiſi d'horreur, fai-ſoit des vœux au Ciel, pour obtenir la liberté de fortir; d' autant plus qu'ilvoyoit autour de lui pluſieurs Orancaies, qui trembloient aufſi pour eux-méêmes. Enfin le Roi chargea quelques Officiers d'une autre exécution;&faiſant enlever de ſa préſence les femmes qu'il avoit pris plaifir à tourmen-ter, il commanda qu'elles euſſent les pieds& les poings coupés,& queles corps fuſſent jettés dans la Riviére. Enfuite, ſe tournant vers Beau-lieu, il lui demanda ce qu'il penſoit de ſa rigueur.„ j'Stois ſi attenué 1„ dit Thonnéte Voyageur, d'avoir vü ſi long-tems ſupplicier proche de„ moi, que je ne lui favois que répondre. Toutefois, contre ce que j'en„ penſois, je lui dis que les Royaumes ne ſe pouvoient maintenir ſans la„ Juſtice. Alors il répliqua que s il laiſſoit paſſer ſans punition ce qui étoit„ arrivé cette nuit, ſa vie ne ſeroit guêres en füreté(°)“.

CETTE

parmi ces pierres, j'en ai vú quelques-unes(°) Ajoũtons ici les éclairciſſemens dede grand prix; principalement trois diamans, cette avanture.„ Je fus encore-là environqui peuvent être de quinze à vingt carats cha-„ une heure, que trouvant occaſion de mecun; deux fort grands rubis;& une 6meraude„ retirer avec le Sabandar, nous ſortimesde vieille roche, qu'il eut derniérement en ſa„ du Chateau,& m’'enquerant de lui de l'oc-conquéte de Pera, qui eſt une des belles pier-„ caſion des ſupplices; il me dit, que la nuitres qu'à ce que je crois ſe puiſſe rencontrer.„ paſſée, cinq ou ſix femmes de ſa garde é-Le Mercredi 17,& les jours précédens, j'ai tant couchées, pour dormir, aſſez procheeté empéché à faire travailler notre Orféèvre„ de ſa chambre, une d'entr'elles avoit pouſſépour le Roi, qui le charge tonjours de nou-„ un cri de frayeur; ce qu'entendant le Roi,jamais vü 1'Orfévre dans le Navire, crai-

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ir„demanda ce quèe c'ctoit,& fut répondu que„ Ce n'Stoit rien. Et voyant que pour quel-gnant que le Roi ſe plaiſant à ſon ouvrage, ques autres demandes qu'il fit on ne luine retarde mon affaire pour faire émailler ſes„ répondoit à propos, il fit veiller le reſtejoyaux. Ibid, pag. 52& 53.„ de la nuit celles qui étoient dans la cham-

2q 2„ bre,

BzauULIEv.1621.Autres

cruautés duRoi.

Frayeur deBeaulieu.