LA STATUE DE LOUIS XV. 257
On peut voir, sur la grande carte des environs de Paris, que cette íîtiiatiohpour une maison Royale ; seroit incomparable; mais il faudroit faire venirpour cet effet la rivière d’Estampes dans la Capitale.
Au lieu de conduire une nouvelle rivière à Paris, feu M. Petitót, sommefort versé dans la science des machines hydrauliques (a), proposa, il y aenviron vingt ans, d'élever, à les dépens, trois cent pouces continuels d’eaude la Seine íhr l’Estrapade, pour la distribuer de-là dans toutes les fon-taines Sc les maiíbns qui en auroient demandé.
Pour Inexécution de Ion projet, il devoit former trois puits au-dessus de làporte Saint-Bernard, dans une place qui n’est pas un port nécessaire. Il faì—íòit monter cette eau dans des aqueducs íòuterreins, par les rues des fossés»Sáint-Bernard Sc de Saint-Victor, juíques dans un jeu de paume, que l'onremarque dans Pendroit le plus élevé de l’Estrapade , fans interrompre lecommerce de ces rues, ainsi que le passage des carrosses Sc des voitures pu-bliques. Ce jeu de paume devoit être le grand Sc le seul réservoir de distri-bution, lequel, par là position, auroit pu communiquer dans tout Paris Scses fauxbourgs.
Pour avoir de 1 eau dans ce réservoir de l’Estrapade, dépouillée de toutesses parties hétérogènes, il devoit construire , au-desibus du niveau du litde la Seine, des voûtes remplies de gros fable, par où Peau íè seroit renduedans Pendroit où il comptoir établir des machines, avec des corps de pom-pes de ía composition , dont il avoir fait Pexpérience en grand. Il avoirformé une compagnie pour son exécution , qui auroit partagé avec lui le sbénéfices de cette entreprise. Il demandoit, i°. un privilège exclusif, Sc kperpétuité, pour distribuer Peau dans Paris : z°. il offroitde déposer àPhôtei-de-ville, d’avance, un million de livres, dont la Ville auroit payé cinq pourcent d’intérêts à lui & à fa compagnie ; laquelle rente de j 1 0000 1. auroit servide siireté pour l’entretien des machines, conduits, aqueducs Sc autres édi-fices néceíïàires à Pélévation continuelle des eaux à ladite place de l’Estra-pade : 3 0 . il s’engageoit de donner Peau aux particuliers à 150 1 . la ligne,c’est-à-dire, à moitié moins quë la Ville ne la vend, une fois payée, ou dese contenter de la rente du capital à cinq pour cent, affectée fur l’immeubsequi recevroit Peau : 4 0 . il proposent de remettre au Prévôt des Marchands ScEchevins la quantité d’eau qu’ils demanderoient pour les fontaines publiques ,à condition qu’il ne leur seroit pas permis d’en vendre ou remettre aux parti-culiers , dont la Ville ne paieroit aucuns capitaux, mais seulement la rentefur le pied de cent livres la ligne d’eau : 5 enfin, M.Petítot offroit de cons-
(a) C’estce ^ême Méchanicien qui avoit saitexécuter à Lyon un bateau sur le Rhône, où ilavoit ajusté des pompes capables d’élever l’eau fur
la tour du pont du Rhône , pour la distribuer danstoute la Ville. II a saitaufli le puits des Invalides 6ila méchanique du Pont-aux-Choux a Paris.
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