2i8 PROJETS POUR PLACER
truire , àses frais, risques & périls, non feulement les machines, les bâtimens 8créservoirs nécessaires pour cette entreprise , mais encore tous les aqueducspour distribuer Peau dans Paris ; lesquels dévoient être à doubles conduites,avec des robinets pour changer Peau d’une conduite à Pautre, en cas qu'il yeût quelques réparations à faire aux cornets* Par ce moyen, le service dupublic n’auroit jamais été interrompu , & il y auroit eu beaucoup de facilitépour faire les réparations. Ce projet fut communiqué à M. Orry, alors Con-troileur - général, ainsi qu’à M. Turgot, Prévôt des Marchands ; 8c il està croire qu’il auroit eu lieu si son auteur avoit vécu.
En 1745 , un particulier propose encore un canal pour distribuer des eaux danstoutes les rues 8c maisons de Paris. Il le faisoit remplir par la Marne ; 8c com-mençant à Châtilion, il devoit le conduire par le Roule àu-deílìis de seintLazare , de la foire seint Laurent , de l’hôpital seint Louis 8c de la Cour-tille ; de-là traversent la plaine de Vincennes, il lui faisoit suivre 8c remonterles coteaux qui bornent cette rivière, juíqu’à ce qu’il Peut rencontrée.Comme l’on íçait que la Marne est très-rapide, quoique très-tortueuse, à causede se grande inclinaison que l’on a observé être d’environ cinq pieds parlieues ; en donnant douze ou treize lieues de long à ce canal, les eaux au-roient dominé Paris d’environ soixante pieds, hauteur qui auroit pu êtresiffisente pour leur distribution dans tous ses quartiers. Ce canal devoitavoir quinze toises d’un bord à Pautre dans se moindre largeur, pour le
rendre navigable, 8c juíqu’à quarante 8c cinquante dans les villages par oùil auroit passé. Ce projet n’étoit assurément point mal concerté : mais, puis-que son but n’étoit que de procurer de Peau à Paris, & de l’élever assez pourquelle pût être distribuée dans les différentes maisons, de simples rigoles,semblables à peu près à celles qui conduisent les eaux de la plaine de Ram-bouillet à Versailles (u) avec deux ou trois grands canaux pour dépurer Peau àson arrivée dans la plaine seint Denis, auroient pu suffire : par ce moyen ceprojet n’auroit pas paru auísi dispendieux, 8c cette Capitale jouiroit peut-êtreaujourd’hui de cet avantage ( 5).
Il ne suffit pas de donner de Peau dans les maisons d’une ville : il seroitencore à desirer qu’on pût la faire circuler, de temps en temps, dans toutes les
(a) Un particulier vient de mesurer retendue detoutes les rigoles & petits aqueducs souterreinsque l’on a faits pour recueillir les eaux des envi-rons de la plaine de Rambouillet, afin de for-mer les étangs de Trappes qui fournissent des eauxà Versailles ; & il a trouvé que , si toutes ces rigo-les & petits aqueducs souterreins étoient mis boutà bout , les unes formeroient une longueur detrente-deux lieues, Sc les autres une longueur dedouze lieues,
(b) II seroit d’une grande utilité d’exécuter 1®projet d’amener une partie de la Marne dans l'égoûrdes Quatre-Vents , en la prenant à Saint-Maur :on élargiroit cet égout , & on faciliteroit par eaules débouchés de la moitié de Paris. Un nomméCrofnier, fous Louis XIII, conçut un projet àpeu près semblable. II proposoit de prendre unepetite partie de la Seine , qui auroit parcourules boulevards , & qui seroit rentrée dans cette ri-vière , vers la Place de Louis XV.