LA STATUE DE LOUIS XV. 219
rues ; ce qui contribuerait à purifier bai r , Sc à récouíement des immondi-ces. M. Laurent, qui a fait la machine hydraulique du château de Brunoy,propoíà , il y a quelques années, d’élever à cet effet une partie de seaude la Seine au-dessus de la Porte saint Bernard : la quantité d'eau qu’il pro-jettoit de procurer aurait été assz abondante pour pouvoir laver presque tousles jours les rues de Paris.
Plusieurs personnes respectables m’ont affiiré que M. Vaucaníon avoît faitun projet pour faire monter au-delà de l’hôpital une certaine quantité d’eaiíde la Seine jusques vis-à-vis le château dc Bicêtre, d’où elle devoit fe distri-buer, en filtrant à travers des terres, jusqu'à i’Estrapade : là , il formoit unréíèrvoir pour distribuer l'eau dans les différeras quartiers de Paris. La répu-tation que s’est acquiíe ce méchanicien ne doit iaistèr aucun doute fur l’exé-cution de son projet ; par toutes les inventions que nous avons vues de lui, ilnous a en quelque íorte familiarise avec les prodiges ; espérons de ion zèlepatriotique qu’il ne laistëra pas ignorer les vues qu’il a conçues pour procurerune si grande utilité à cette Capitale.
M. Deparcieux vient de publier un mémoire qu’il a lu à facadémie Royaledes sciences, pour démontrer la possibilité d’amener à Paris, à la même hau-teur à laquelle y arrivent les eaux d’Arcueil, mille à douze cent pouces d’eauprovenant de la rivière d’Yvette, laquelle ayant ses íòurces entre Ver faillesSc Rambouillet, paste par Dampierre , Chevreuíe , Lonjumeau , Sc tombedans la rivière d’Orge un peu au-dessiis de Juviíy. Après un mûr examen Sccks nivellemens exacts, cet académicien trouva qu’en prenant cette rivière àVaugien un peu au-dessous de Chevreuíe, l’eau de f Yvette en cet endroitest de près de quatre-vingt-quatre pieds plus élevée que le fol de Notre-Damede Paris, non compris la pente qui la fait couler de Vaugien à Paris : ainsirien n’est plus faisable que d’amener cette rivière sur l’Estrapade par un canal.Il lui faiíoit côtoyer d’abord la rive gauche de l’Yvette, avec la Íèuíe pentedont l’eau a besoin pour couler, Sc le conduifoit à découvert juíqu’à Palaiseau.Comme la montagne qui íe trouve entre ce village Sc celui de Massy estun obstacle, il la perçoit dans un espace de cinq ou six cent toises , parun aqueduc voûté ; de-íà, paíïànt au bas du village de Maíïy , il faiíoit suivreà ce canal la côte droite de la Bièvre ; Sc , croisant le chemin d’Orléans, il lefaiíoit passer par la gorge de Frênes, un peu au-dessiis de Tourvoie, par unpont-aqueduc médiocrement élevé ; de-là, il continuoit le long de la côte, pas-sant sous Frênes, fous Lhay, en côtoyant le dessous de l’aqueduc voûté qui vientde Rungis.
Ce nouveau canal aurait rencontré le pont-aqueduc actuel d’Arceuil, quel-ques pieds au-dessis de fa rigole. Cette traversée pouvoit se faire avec uneforte nappe de plomb, laquelle auroit porté l’eau dans le nouveau pont-aque-