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Tome douzième.
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AUX INDES ORIENTALES, Lrv. II. 3441

bandonner à la vengeance. On tint conſeil,& Pon s'attacha au parti leplus fur, qui étoit de les battre à grands coups d'artillerie, juſqu'au lende-main matin, qu'à l'arrivée du jour on pourroit les inveſtir& les combattreplus facilement. Ainſi toute la nuit fut employée à leur donner la chaſſe,en les foudroyant de nêtre canon;& leur Navire ſe trouva ſi mal⸗-traité 51la pointe du jour, qu'il prit pour lui-même le conſeil qu'il nous avoit donnéde ſe rendre. II avoit perdu ſoixante-quatre hommes dans cette rude atta-que. La plüpart des autres ſe voyant réduits à lextrémité, ſe jettèrentdans la Mer; de-ſorte, que de quatre-vingt qu'ils étoient, il n'en échapaque cingq fort bleſſés, entre leſquels étoit leur Capitaine. La force des tour-mens, auxquels il fut expoſé auſſi-têòt, par l'ordre de nos deux Comman-dans, lui fit confeſſer qu'il venoit de Gedda,& que'Armée Turque étoitdéja partie de Suez, dans le deſſein de prendre Aden, avant que de porterla Guerre aux Portugais dans les Indes. II ajoũta, dans le redoublementdes peines, qu'il étoit Chrétien renégat, Majorquain de naiſſance, fils dePaul Andrez, Marchand de la mêeme Ifle;& qu'étant devenu amoureux,depuis quatre ans, d'une fort belle Mahométane, Grecque de Nation, il a-voit embraſſé la Loi de Mahomet pour Fobtenir en mariage. Nous lui pro-poſàmes avec douceur de quitter cette ſecte, pour rentrer dans les engage-mens de ſon baptéeme. II répondit, avec autant de brutalité que de coura-ge, qu’'il vouloit mourir dans la Religion de ſa femme. Nos Capitaines ir-rités de ſon obſtination, n'ecourèrent plus que leur zole. Is lui firent lier lespieds& les mains;& lui ayant attaché, de leurs propres mains, une groſſepierre au cou, ils le précipitérent dans la Mer. Apreés cette exécution,nous fimes paſſer les priſonniers dans une de nos Fuſtes,& leur Vaiſſeau futcoulé à fond. Il ne portoit que des balles de teinture, qui nous étoient a-lors inutiles,& quelques piêces de camelot, dont nos Soldats ſe firent deshabits(e).

II ne nous reſtoit qu'à nous rendre au Port d'Arquico, pour la ſecondepartie de nötre commiſſion. Mais nos Commandans réſolurent de deſcen-dre auparavant à Gottor, une lieue au-deſſous de Mazua, dans l'eſpéranced'y prendre de nouvelles informations. Nous y regümes des Habitans unaccueil fort civil. Un Portugais, nommé Vaſco Martinez de Seixas, y ſé-journoit depuis trois ſemaines„par ordre de Henri Barboſa, pour y atten-dre l'arriveée de quelque Navire Portugais,& lui remettre une lettre d'avisſur l'état de l'Armée Turque. Barboſa prioit, dans cette lettre„ qu'on luienvoyàât du Vaiſſeau, quelques hommes de confiance juſqu'à la Fortereſſede Gileytor, où il étoit employé, avec quarante autres Portugais, à la gar-de de la Princeſſe Tigremabon, Mere de'Empereur. Les deux Comman-dans des Fuſtes, voulant donner cette ſatisfaction à Barboſa, me nommé-rent avec trois autres, pour lui porter la lettre du Gouverneur de Diu.Nous partimes dés le lendemain, fous la conduite de Seixas, montés furde fort bonnes mules, que les Abyſſins nous fournirent par Fordre de PIm-pératrice(†).

LE

(e) Voyage de Pint9, pag, 14& precédentes.(f) Wid. pag, 18.

2V V 33

MENDEZPINToO.

VaiſſeauTurc qui ſerend.

Le Capt ai-ne eſt mis à laqueſlion.

Ses aveus.

Comment ilregçoit lamort.

Pinto relà-che à Gottor.

Nouvellesqu'on regoit-de Gileytor,