LA STATUE DË LOUIS XV. ' 221
suffisante quantité de bonne eau dans les différons quartiers de cette Capitale ,il conviendroit encore de lui donner tous les embeiliíîemens dont elle est sus-ceptible relativement à fòn local. Les villes font supposées immortelles ; Sc51 feroit digne de nous de laiíîèr à la postérité une grande idée de notre siécle,des vues qu on y avoit pour le bien public, Sc du baut degré de perfectionoù les arts ont été portés de nos jours. Une Princeíîè, dans le fond duNord,vient de nous donner i’exemple de ce que nous devrions entreprendre (ct).Pourquoi n’aurions-nous pas auffi le courage d’orner notre patrie? Ce futlorsque les arts étoient les plus floriffàns à Athènes 8 c à Rome, que ces deuxvilles furent embellies ; l’une par Periclès, l’autre par Auguste. Le tempsachèvera ce que nous aurons commencé. Quelles obligations n’aurions-nous pas à nos ancêtres, si, le siècle dernier, ils avoient exécuté les vuesque nous proposons aujourd’hui?
Pour parvenir à un objet si désiré , je ne répéterai point, avec tant chan-tres , qu’il feroit néceíîàire d’abbattre tout Paris pour le reconstruire, si Port.vouloir en faire une belle ville : je pense au contraire qu’il faudroit conser-ver tout ce qui est digne de l’être, ainsi que tous les quartiers Sc les édifices quiforment déjà des embeiiiíîèmens particuliers , asin de les lier, avec art , àun embelliílement total. Pour cet effet, il conviendroit d’abord de sistre desti-ner un plan général de cette Capitale suffisamment détaillé ( b ) , fur lequelfèroient exprimés tous les édifices qu’il faudroit épargner ; tels que les plusbelles églises, les palais du Louvre, des Tuilleries, du Luxembourg , lePalais-Royal, les principaux monumens publics qui méritent de la considé-ration par leur architecture, ainsi que les beaux hôtels, une partie des faux-bourgs Saint-Germain , Saint-Honoré 8 c du Marais. Les maisons de dessusles ponts fèroient supprimées, ainsi que tout ce qui est mal bâti, mal décoré,d’une construction gothique, ou dont les dispositions fèroient estimées vicieu-fes pár rapport aiix embeiliíîemens projettés. On feroit ensuite graver l’en-femble général du local de Paris, avec la position exacte Sc respective detous les édifices à conserver. Les gravures en feroient distribuées à tous nosgens à talens, que l'on inviteroit en concours à composer des projets pourcette Capitale, à condition de s’assujettir à toutes les réserves.
Il ne faut pas croire que tous ces bâtimens à épargner fuilènt des obsta-cles invincibles pour les embeiiiíîèmens. Si les difficultés déconcertentles foìbles talens, elles fervent au contraire à faire briller le vrai mérite ; c’est
(a) L’Impératrice de Russie a proposé en con-cours . à tous les architectes de l’Europe , lesembellissemens de Péteríbourg. Gn^ette de Fran-ce , janvier 1764.
( b ) L’architecte Bullet avoit commencé, îe siè-cle dernier, un grand plan de Paris pour cet objet,
lequel est entre les mains de M. Buache de i’acá-démie des Sciences. Feu M. 1 abbé de la Griveen avoit entrepris un autre tres-développé par or-dre de la Ville, lequel est resté à moitié fait. Rienne feroit plus utile que de le faire continuer;-
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