AUX INDES ORIENTAELES, Lrv. II. 351
ſa Chaloupe, envoya complimenter Faria,& li fit offrir un coutelas degrand prix, dont la poignee& le fourreau étoient d'or, avec vingt-ſix per-les, dans une petite boëte du meme métal. Quoique ce préſent même nous2 prendre une haute idée des richeffes de la ſonque;&. que nòôtre premiereſſein e0t été de'atraquer, la généroſité prit le dgin⸗ da 8 le Ipuß de Fa-ria. Il regretta de ne pouvoir réẽpondre aux civilite&s de PAmbaſſadeur, pard'autres marques de reconnoiſſance que la liberté qu'il lui laiſſa de conti-nuer ſa route. Nous deſcendimes au rivage, où nous er mployàmes troisjurs à nous pourvoir d'eau& de poiſſöon. De-là nous étant e. dela terre ferme, nous entràmes le Dimanche, dernier jour de Mal, dans hARiviére(5b), qui diviſe les Royaumes de Cami bSoya& de Champa. Lan-cre fut jettée vis-à-vis d'un grand bourg, nommé Catimparu, à trois lieuesdans les terres. Pendant douze] Jours, que nous y Paſf. imes 8 in9. des pro-viſions, Faria, naturellement curieux, prit des informations ſur le Pays&ſes Habitans. On lui apprit que la Riviere naiffoit d'un Lac nommé Pina-tor, à deux cens cinquante lieues de la Mer, dans le Royaume 88 Quituruan;que ce Lac étoit environné de hautes“ au pied defſquelles ontrouvoit fur 8 vran de Feau, trente- huit Villages; que preés d'un des plusgrands, qui ſe nommoit Cbincaleu, il y avoit une d'or trés-riche, 9. ouùFon tiroit. chaque année, la valeur de vingt-deux millions de nôtre mon-noye; qu'elle faiſoit le füjer d'une guerre continuelle„ entre quatre Sei-gneurs de la même famille, à qui la naiſſance y y donnoit les méêmes droits;que Pun d'eux, nommé Raja Hitau, avoit ſous terre, dans la cour de ſamaiſon, ſix cens bahars d'or en poudre; enfin, que proͤs d'un autre de cesVillages, nommé Buaquirim, on tiroit d'une carriere, quantité de diamans fins,plus précieux que ceux de Lave& Tajampure(). Faria congut, apresavoir obfervé la ſituation& les forces du Pays; qu'avec un peu de cou-
rage, trois cens Portugais lui auroient ſufh poùr ſe rendre mattre de toutes
ces richeffes. Mais ſès forces préſentes ne lui permettoient pas d'entre-prendre une ſi belle““
Novs reprimes la Cote du Royaume de Champa, juſqu'au Port de Sa-ley· jacau qui eſt à dix· ſept lieues de la Riviere. La fortune ne nous offritrien dans cette route. Nous comptàmes, dans la rade de Saley jacau, ſixBourgs, dans Pun Sgee on découvroit plus de mille maiſons, environ-nées d'arbres fort h nauts,& d'un grand nombre de ruiſſeaux, qui deſcen-doient d'une montagne qu coté du Sud. Le jour ſuivant, nous arrivaàmes àla Rivière de Tbοε‿³, ou le Pilote n'oſu s engager, pareequ'il n'en con-noiſſoit pas l'entrée; mais ayant jetté ancre à' embouchuré, nous décou-
vrämes une grande Jonque qui venoit de la haute Mer vers ce Port. Fariarefolut de l'attendre ſur Panere;& pour ſe donner le tems de la reconnos-tre, il arbora le pavillon du Pays, qui eſt un ſigne damitié dans ces Mers.Mais les Indiens, au-lieu de répondre par le même ſigne, ne nous eurentpas plutôt reconnus pour des Portugais, que faifant un grand bruit de tam-bours, de trompettes& de cloches, Is peuſfférent les marques de mépris
jaſqu'à nous faire voir, fur leur poupe, le derriêère d'un Eſclave Negre. Fa-ria,
5) A neuf degrés du Nord.(c) Pag. 171& précédentes.
MFENDEZPINTO
Sa généro-ſité.
Rivière quidiviſe Cam:boya&Champa.
Mines d'or& de diamans.
Port de Sa-ley-jacau.
Premier ex-ploit de Faria.