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Tome douzième.
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MenDhRzZPINToO.

Evénementqui décide de

vi Foire12 victolre.

Coja-Acemranime lesſiens.

Il eſt tué deIa main de Fa-ria.

Carnageaffreux.

368 VOYXAGES DE MENDEZ PINTO

qu'au départ de quatre Lantées qui ſe détachérent du rivage, pour venirſecourir les Corſaires avec des gens frais. A cette vüe, un Fortugais, nom-mé Diego Meyrelez, qui étoit dans la'Jonque de Quiay Panjan, pouſſa ru-dement un Canonnier, dont il avoit remarqué ignorance;& pointant lui-méeme la pièce, qui étoit chargée à cartouche, il y mit le feu avec tantd'habileté ou de bonheur, qu'il coula la premiêre Lantée à fond. Du mêmecoup, pluſieurs balles, qui paſſêrent par-deſſus la première, tuerent le Ca-pitaine de la ſeconde& ſix ou ſept Soldats qui étoient proche de lui. Lesdeux autres demeureérent ſi effrayées de ce ſpectacle, qu'elles s'efforgoientde retourner à terre; lorſque deux Barques Portugaiſes, chargées de potsà feu, s'avancèrent à propos pour y en jetter un fort grand nombre. El-les y mirent le feu, avec une violence, qui les fit brüler en un inſtant juſ-qu'à fleur d'eau. En vain les Corſaires ſe jettérent dans l'eau pour éviterles flammes; ils y trouvèrent la mort, par les mains de nos gens, qui lestuoient à coups de picques. II n'en périt pas moins de deux cens dansles trois Lantées;& la quatriéme, qui avoit perdu ſon Capitaine, étanttombée ſous la Jonque de Quiay Panjan, il nes'en ſauva pas un ſeul de tousceux qui ſe jettèrent dans les flots(†).

CEUX qui avoient combattu ſur les Jonques ne ſe furent pas plutòt ap-pergus de la ruine des Lantées, qu'ils commencérent à s'affoiblir;& plu-ſieurs ne penſêrent qu'à chercher aufſi leur ſalut à la nage. Mais Coja-A-cem, qui ne s'étoit pas encore fait reconnoitre, accourut alors pour lesencourager. II portoit une cotte d'armes, écaillée de lames de fer, dou-blée de fatin cramoiſi& bordée d'une frange d'or. Sa voix, qui ſe fit en-tendre avec une invocation de ſon Prophéête& des imprécations contrenous, ranima ſi vivement les plus timides, que s'étant ralliés, ils nous fi-rent tête avec une valeur ſurprenante. Faria, dont cette réſiſtance ne fitqu'échauffer le courage, excita le nôtre par quelques mots pleins de foi(g);& ſe précipitant vers le Chef des Corſaires, qu'il regardoit comme le prin-cipal objet de ſa haine, il lui déchargea ſur la téte un ſi grand coup de ſa-bre, qu’'il fendit ſon bonnet de maille. Ce coup l'abattit à ſes pieds. Auſ-ſi-tét, lui en portant un autre ſur les jambes, il le mit hors d'état de ſe re-lever. Nos ennemis, qui virent tomber leur Chef, pouſſêèrent un grandcri. IIs fondirent ſi impétueuſement ſur Faria, qu'ils faillirent de l'abattreà ſon tour; tandis que nous ſerrant autour de lui, nous redoublaàmes nosefforts, pour fauver une vie à laquelle chacun de nous attachoit la ſien-ne. Le combat devint ſi furieux, que dans l'eſpace d'un demi quartd'heure, nous vimes tomber, ſur le corps de Coja-Acem, quarante huitde ces deſeſpérés,& nous perdimes nous-mêmes quatorze Chrétiens, en-tre leſquels nous eũmes la douleur de compter cinq Portugais. Alors, nos

en-

„(F) Pag. 265& précédentes. On nes'ar.„fions-nous à nôtre Seigneur Jeſus-Chriſt,rête qu'à cette circonſtance, parce qu'elle„ mis en croix pour nous, qui ne nous a-fut déciſive. Mais le combat eſt raconté a.„ bandonnera point, quelque grands pé-vec plus d'étendue.„ cheurs que nous puiſſions étre; car, a-

(g) Voici ſon diſcours:„Valeureux„ prés tout, nous ſommes à lui; ce que ces„Chrétiens; Pendant que ces méchans ſe„ chiens ne ſont point“⁄. Pag. 267.

„ repoſent ſur leur maudite ſecte du Diable,