MENDEZPINTo.
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394 vOYAGES DE MENDEZ PIN TO
A NXinligau, Ville conſidérable, où les Portugais arrivéerent le jour ſui-
„ que cette Impératrice avoit vécu;& ſeptjampes d'or, en mémoire de ſept enfansmales qu'on diſoit qu'elle avoit eQs. Da-vantage, à l'entrée de cette Chapelle, vis-à-vis une croiſée qui la fermoit, ſe voyoient huit autres barres d'argent, où pen-doient encore un fort grand nombre delampes d'argent, fort grandes& riches,qui avoient eté offertes par les femmes des„ plus grands Seigneurs de l'Empire, qui a-„ voient afſiſté à la mort de la Reine. Hors„ les portes de tout le Temple, qui eſt auſſi„ grand que l'Egliſe des Jacobins de Lis-„ bonne, étoit, en ſix rangs de baluſtres„ qui le fermoient tout à l'entour, un„ grand nombre de ſtatues de Geans, de„ ſa hauteur de quinze pieds, faits de„ bronze, tous bien proportionnés,& te-„ nant en main des hallebardes& des maſ-„ ſues, quelques-unes des haches ſur l'épau-„ le; toutes leſquelles ſtatues repréſentoient„ enfemble quelque choſe de grand& de„ majeſtueux. Parmi ce nombre de ſtatues,„ qui ſe montoit à douze cens, il y avoit„ vingt-quatre ſerpens, aufſi de bronze,&fort grands; au-deſſus de chacun deſquels„ Etoit aſſiſe une femme, avec une épée ala„ main,& une couronne d'argent ſur la tè-„ te. On donnoit à ces vingt- quatre fem-„ mes le titre de Reines, pour plus grand„ honneur de leurs deſcendans; parce qu'el-„ les s'Stoient ſacrifiées, lors de la mort de„cette Impératrice, afin que leurs ames ſer-„„ viſſent la ſienne en l'autre vie; choſe que„leur famille tenoit à grand honneur. Au-„ dehors de ces rangs de Geans, il y en„ avoit un autre qui les enfermoit,& qui„ conſiſtoit en pluſieurs arcs de triomphetous dorés, ouð étoient pendues pluſieurs„ cloches d'argent, avec des chaines de mè-„ me métal, leſquelles ſonnant ſans ceſſe,„ par le mouvement qu'elles recevoient de„ l'air, faiſoient un ſi grand bruit qu'on ne„ pouvoit s'entendre parler. Au dehors de„ Cces arcades, il y avoit encore, en méême„ proportion, deux rangs de grilles de laiton„ qui enfermoient tout ce grand ouvrage,„ Ohà ſe voyoient, en certains endroits, des co-„ lompes de même métal;& au deſſus, deslions rampans, montés fur des boules, lef-
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„ quels ſont les armes de la Chine. Aux„ Coins des carrefours, il y avoit quatre
monſtres de bronze, d'’'une hauteur ſi
„ étrange, ſi démeſurée,& d'une figure ſi
vant, ils virent des ponts-levis ſuſpendus en Tair par de groſſes chaines
de
„ difforme, qu'il n'eſt pas poſſible de ſe l'i-„ maginer. Un de ces monſtres, qui eſt à„ main droite, à ſ'entrée du carrefour, que„ les Chinois appellent le Serpent glouton„ de la creuſe maiſon de la fumee,& qui,„ ſuivant leurs hiſtoires, eft tenu pour etre„ Lucifer, s'y voit ſous la figure d'un„ſerpent de hauteur exceſſive, avec des cou-„leuvres fort difformes& monſtrueuſes, quilui ſortent de l'eſtomac, toutes couvertes„ d'écailles vertes& noires, où ſe voyent en-„ Core force épines qui ont plus d'un empan„ de longueur. Chacune de ces couleuvres„ avoit une femme au travers de la gueule,„ avec les cheveux pendans en arrieère,„ comme grandement effrayée. Le monſtre„ portoit aufſi, dans ſa gueule, qui étoit„ fort démeſurée, un lezard, qui lui ſortoit„ de plus de trente pieds de longueur,& de„ la groſſeur d'un tonneau, avec les narines„& ſes machoires ſi pleines de ſang, que„ tout le reſte du corps en étoit auſſi enſan-„ glanté. Entre ſes pattes, ce lézard entrat-„ noit un grand éléphant, qui ſembloit être„ ſi oppreffé, que les boyaux lui ſortoient„ hors de la gueule;& tout ceci Cétoit fait„ avec tant de proportion& de naturel,„ qu’il n'y avoit perſonne qui ne tremblàt devoir unèe figure ſi difforme. Le replis deſa queue, qui pouvoit être de plus de vingt„ braſſes, étoit entortillé à un autre ſembla-„ ble monſtre. qui étoit le ſecond des qua-tre Geans du carrefour, de plus de cent„pieds de bauteur. Qutre qu'il eſt fort„ laid, il avoit ſes deux mains dans ſa gueu-„ le, qui la lui faiſoient de la largeur d'une„grande porte, avec une rangée de dentshorribles,& une langue de deux braſſes.„ Quant aux deux autres monſtres, l'un é-„ toit une figure de femme, nommée des„ Chinois, Nadelgau, de dix-ſept braſſes de„ hauteur,& ſix de groſſeur. Celui-ci avoit,„ au-milieu de ſa ceinture, un viſage fait„ en proportion de ſon corps& de deux„ braſfes, qui par les narines vòmiſſoit de„ gros tourbillons de fumée,& par la gueu-„ le quantité de feu, non artificiel, mais vé-„ ritable, parce qu'au haut de la tête on fai-„ſoit un feu continuel, qui venoit à ſortir„ par la gueule de cette face effroyable qu'il„ avoit au-milieu de la ceinture. Le qua-„ trième monſtre étoit un homme accroupi,„ qui ſouffloit à toutes forces, avec des joues„ fi grandes& ſi enflées, qu’'on les auroit
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