AUX INDES ORIENTALES, Lrv. IL. 395
de fer(b). Deux jours aprés, dans une autre Ville, nommée Junquileu,ils admirérent un tombeau de pierre, entouré de grilles de fer, peintes deverd& de rouge;& par-deſſus, un clocher de porcelaine tres-fine, dreſ-ſé ſur quatre colomnes. Au ſommet, on voyoit ſept globes, dont deuxétoient de fer fondu;& ſur un côté de ce beau monument, on liſoit enlettres d'or cette inſcription Chinoiſe:„ Ci-git Trannocem Mudeliar, oncle„ du Roi de Malaca, qui eut le malheur de ſortir du Monde avant que de„ S'Etre vangé d'Alfonſe d'Albuquerque, Lion des voleurs de la Mer“. LesPortugais ſurpris de reconnottre le nom d'un de leurs plus grands hommes,s'informerent du fond de cet événement. On leur apprit qu'il y avoit en-viron quarante ans, qu'un Ambaſſadeur du Roi de Malaca étant venu de-mander du fecours à Empereur de la Chine contre des Etrangers qui é-toient arrivés par Mer, de l'extrémité du Monde,& qui lui avoient enle-vé fes Etats, la mort Pavoit furpris dans le cours de ſa négociation,&qu'emportant le regret de n'avoir pü ſatisfaire ſa vengeance, il avoit em-ployé tout ce qu'il poſſedoit pour ſaiſſer un témoignage de ſon deſeſpoir àla poſtérité(i)
DäANSs une Ville nommée Sempitay, où les neuf Portugais eurent la li-berté de demander l'aumòne, enchainés comme ils étoient; une femme quiSarrera pour les regarder, entre un grand nombre de Spectateurs, parutfort touchée du récit de leur infortuneé. Elle leur fit quelques libéralités,„ en leur recommandant de ne plus entreprendre de ſi longs Voyages,„ puiſque le Ciel a rendu nôtre vie ſi courte“. Enſuite les ayant tirés àFécart, efle déboutonna une de ſes manches,& leur fit voir fur ſon brasgauche l'empreinte d'une croix.„ Quelqu'un de vous, leur dit-elle, con-„ noit-il ce ſigne?“ Les Portugais fléchirent le genou avec beaucoup dereſpect,& lui répondirent, les larmes aux yeux, que c'ëetoit le ſigne ſa-cré de leur ſalut. Alors, ljevant les mains de joye& d'admiration, ellepronongça les premiers mots de l'Oraiſon Dominicale en langue Portugaiſe.Elle n'en ſavoit pas davantage; mais s'étant fait confirmer en Chinois qu'ilsétoient Chrétiens;„ Venez, s'écria-t'elle, Chrétiens du bout du Monde,„avec celle qui eſt vêtre ſœur en Jeſus-Chriſt,& qui appartient peut-. etre par le ſang à quelqu'un de vous, puiſque vous etes tous Portugais“.Elle voulut nous mener à ſa maiſon. Mais nos Gardes s'y étant oppoſés,parceque la moitié des aumònes étoit pour cux, elle fut obligée d'en ache-ter la permiſſion de l'Offcier, qui conſentit, pour une ſomme d'argent, ànous laiſſer chez elle pendant cinq jours qu’il ſe propoſoit de paſſer danscette Ville.
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„ priſes pour une voile de navire. Ce monf- leurs Auteurs, on n'y trouvera pas d'autre
„ tre étoit auſſi d'une hauteur démeſurée, différence que gCelle de l'imagination de Pin-
„& cF’un viſage ſi affreux& ſi difforme, que to, qui lui fait peindre les mêmes objets a-
„ Ceux qui le regardoient en pouvoient à vec plus de chaleur& de force.
„ Peine ſupporter la vũe“.(5b) Voyez ci-deſſus les Relations des Miſ-Si l'on compare ce récit à diverſes peintu- ſioqnaires. On ſupprime ici tout ce qui n'en
res ſur leſquelles on a paſſé ſans defiance, ſerbit qu'une répétition.
par le reſpect qu'on a cru devoir au nom de(i) Pag. 413.—
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MENDIZPINToO.
Rencontred'une Chré-tienne à Sem-pitay.