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Tome douzième.
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MEeNDEZPINTO.

Il eſt menéà Quanſy, enqualité dEſ.clave.

Querelleentre les neufPortugais.

398 VOYAGES DEMENDEZ PINTO

fet une ſcêne continuelle de merveilles, autant paroit-il étrange qu'on aitſoupgonné ſa bonne-foi, lorſqu'il ne ceſſe pas de s'accorder avec nos Voya-geurs les plus graves, qui n auroient pas trouvé, peut-être, plus de diſ-poſition à ſe faire croire, s'ils avoient écrit les premiers, ou ſi leur pro-feſſion n'avoit beaucoup fervi à leur attirer de la confiance. II fait uneDeſcription de Pekin, qui ne peut ſembler incroyable qu'à ceux qui n'ontpas lâ celle des plus célébres Jéſuites. II releve la charité des Chinois,avec des traits, dans lefquels on remarque ſans ceſſe qu'il lavoit éprouvée.Ce qu'il dit de leurs Villes Hlottantes, des formalités de leur Juſtice, de lamagnificence de leurs Monumens puͤblics, de la grandeur de leur Capitale& du nombre de ſes Habitans, de la diverſité des Tribunaux de Juſtice&des Sectes de Religion, de Pordre admirable qui rêgne dans cette variété,de la Majeſté de'Empereur& de la ſageſſe du Gouvernement, ne diffè-re du récit des Miſſionnaires, que par de legéres circonſtances qui ne chan-gent rien à la conformité du fond,& qui ne méritent pas même d'etrerelevées.

Ir avoit paſſé deux mois& demi à Pekin, lorſqu'un Samedi, 13 deJanvier 1544, en vertu d'une Sentence du Tribunal ſupréme, il fut con-duit, avec fes Compagnons, dans la Ville de Quanſy, pour y ſervir pen-dant le tems auquel ils étoient condamnés. II paroit qu'apres avoir étéjuſtifiés des principales accuſations, le ſeul crime qui leur attiroit ce chaàti-ment, étoit d'avoir pénétré dans! intérieur de l'Empire ſans une permiſ-ſion de la Cour. En arrivant à Quanſy, un Prince Tartare, qui faiſoit ſaréſidence dans cette Ville, ſouflaita qu'ils lui füſſent préſentées;& leurayant fait diverſes queſtions, il les mit au nombre de quacre-vingt Halle-bardiers que Empereur lui accordoit pour ſa garde. Céetoit une faveurdu Ciel; parceque cet office métoit pas pénible,& qu'outre Ia douceur deleur condition, ils étoient furs de la liberté à l'expiration du terme. Maistandis qu'ils attendoient paiſiblement une meilleure fortune,& qu'ils vi-voient entr'eux avec une intelligence fraternelle,'Enfer, que l'Auteuraccuſe tonjours de ſes diſgraces, comme il fait honneur au Ciel de toutesſes proſpérités, leur fit trouver dans eux-memes la ſource d'une infinité denouveaux malheurs. Deux des neuf Portugais prirent querelle ſur l'extrac-tion des Madureyras& des Fonſecas, deux illuſtres Maiſons de Portugal,auxquelles ils étoient fort 1S d'appartenir:& ſans autre intéret quecelui de la diſpute, ils s'échauffèrent ſi vivement ſur la prééminence de cesdeux noms, qu’'après s'eétre emportés à quelques injures, un donna unſoufflet à Pautre, qui lui répondit d'un coup de ſabre dont il lui abbatit

la

mes de guerre ſont étrangers, comme„ pas beaucoup d'armes ni d'artillerie. En„ Mogols, Pancrus, Champas Coraçones,„ toute cette longueur de muraille il y a„ Gizares de Perſe& autres Nations diffé.„trois cens vingt Compagnies, chacune„ rentes, qui touchent à cet Empire,& que„ de cinq cens ſoſdats; ce qui fait en tout„ Ccette grandeur de leurs gages porte à ſer.„cent ſoixante mille hommes, ſans y com-„ vir les Chinois, qui, pour en dire le vrai,„ prendre les Officiers“. Pag. 437& prß-„ ſont peu courageux, pour n'être pas ac-„ cédentes.

„ Ccoutumés à la guerre; joint qu'ils n'ont

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