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PINToO.
IIs ſontconduits à latente duKham.
VOYXYAGES DE MENDEZ PINTO
fort reſpecté, qui repréſenta combien il étoit important pour le bien pu-blic, de ne pas laiſſer ſortir du Pays, des Etrangers dont on admiroit lecourage& ſes lumières. II exagera hutilité qu'on pouvoit tirer de leursſervices;& ce qu'on devoit craindre de leur habileté, ſi d'autres vüges lesfaiſoient paſſer dans le parti des Chinois. Nauticor reconnut la force deces raiſons. Cependant la fidélité qu'il devoit à ſa parole,& l'honneur duKham, qu'il men crut pas moins engagée à tenit la ſienne, lui firent refuſerd'en faire P'ouverture à la Cour. II nous recommanda de nous tenir prêcsle lendemain à recevoir ſes ordres.
Av Ec quelque diſtinction qu'on nous e0t traités depuis le Chateau deNixiamco, nous fümes furpris de voir arriver, à l'heure qu il nous avoitmarquée, neuf chevaux bien équipés, ſur leſquels nous fũmes invités àmonter, pour nous rendre à fa tente. II ſe mit dans une litiére, autour delaquelle marchoient ſoixante Hallebardiers pour ſa garde,& fix Pages deſa livrée, ſur des chevaux blancs. Nous marchämes après les Pages. Cecortége étoit fermé par une troupe de Domeſtiques à pied, avec quantitéde Muſiciens ſur les atles. En arrivant aux premières tranchées des tentesdu Kham(d), Nauticor ſortit de ſa litiere, pour demander au Capitainedes portes la permiſſion d'entrer. Nous deſcendimes à ſon exemple. En-ſuite, étant rentré dans ſa litiére, il s'avanga, par la première enceinte,jaſqu'’à Pentrée d'une longue galerie; où il nous ordonna de Tattendre.Nous y paſſames quelque-tems à voir fauter& voltiger des Bäüteleurs, quinous cauſèrent peu d'admiration. Enfin Nauticor, reparoiſſant avec qua-tre Pages, nous introduiſit par divers appartemens intérieurs dans la cham-bre du Kham(e).
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(d) Il ſe nommoit Xuxiapom, ou plutòtChuchiapom.
(·) Toutes ces deſcriptions ne demandentpas d'etre fupprimées. Celle-ci a non-ſeule-ment des graces, dans les termes du vieuxTraducteur, mais repréſente ſi vivement lagrandeur de ce Kham des Tartares, qu'elleparoit mériter une exception.„Nous vi-„ mes ſortir, raconte Pinto, le Général Nau-„ ticor, menant anec ſoi quatre jeunes gar-„ Cons fort beaux, vêtus de juppes à la Tur-„ que, couvertes de bandes vertes& blan-ches; portant, au-deſſus de la cheville du-„ pied, de petites bandes d'or en forme de„ Cceps. Les Gentilshommes, qui gtoient-làpréſens, ne les virent pas plutôt qu'ils ſejevéèrent ſur pied;& tirant leurs coutelas,ils les mirent par terre avec une cérémo-‚nie qui nous fembla fort belle, s'Scriant„ par trois fois, Vive cent mille ans le Sei-„ gneur de nos tétes. Cependant, comme„ nous tenions la téte panchée vers terre,„ un de ces jeunes gargçons nous dit tout„ haut de nous réjouir, parceque l'heure
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„ Etoit arrivée oùð nôtre déſir devoit étre ac-„ compli,& que ſuivant la promeſſe de Nau-
ticor, leur mattre alloit nous délivrer. Aces mots, tout proſternés que nous Stions,nous leur fimes cette réponſe, dans legoüt de leur Pays; Veuille le Ciel nsus„ combler de tant de fortune, que ſon pied„foule nos téter. A quoi ils répliquèrent;„ Vätre ſoubait u'eſt pas petit;& plaiſe auSeigneur vous accorder ce don de richeſſæ.„ lis nous conduiſirent de-là dans uneautre galerie, Elevée ſur vingt-cinq co-lomnes de bronze, par laquelle nous en-trämes dans une grande ſalle où il y avoitquantité de Gentilshommes,& parmi eur,pluſieurs Etrangers, Mogores, Perſans,Berdios, Calaminhans,& Bramaas du Sor-„ nau Roi de Siam. Après que nous euü-mes traverfé cette falle, ſans nous y arré-ter pour aucune céremonie; nous entrs-mes dans une autre, qui s'appelloit Tigibi-pau, où il y avoit quantité d'hommes ar-més, qui ſe tenoient debout, rangés encinq hles le long de la falle. Ceux-ci a-voient fur l'épaule leurs coutelas, garnisde placques d'or. IIs arrêtérent un peuNauticor, avec de grands complimens,auxquels ils joignirent quelques deman-„ des,