LA STATUE DE LOUIS XV* 229
tous les autres quartiers , en íè rendant toujours attentif aux avantages quel'on pourroit tirer de leur situation respective, Sc des points de vue inté-ressons qusil seroit possible de leur ménager, il est à croire que Ton par-viendroit à rendre Paris une ville unique , Sc capable de laisser aux sièclesà venir la plus grande impression de la majesté de nos idées.
De la manière dont nous envisageons la reconstruction d’une partie decette Capitale , il est certain qu’il a été entrepris des travaux plus dispen-dieux , Sc avec bien moins de ressources qu on n’en pourroit trouver dans lárichesse d’une ville telle que Paris. Après le fameux incendie de Londres en1 666 3 qui réduisitpreíque toute cette ville en cendres, elle fut reconstruiteen moins de trois ans. Péteríbourg, au commencement de ce siècle , futaussi bâti dans so totalité en un petit nombre d’années. On a même vu, pourdes objets particuliers, sacrifier des sommes peut-être encore plus considéra-bles que celles qui sor oient néceísoires pour l’embeliissèrnenc de Paris. Si >par exemple, un habile architecte en 1620 avoit proposé à Louis XIÏI defaire, de sa maison de Versailles, un lieu dont la magnificence surpassât toutce qu’on a jamais fait exécuter en ce genre, il est sûr qssun pareil projet eûtété rejette ; on auroit admiré le génie de l’artiste, Sc son dessein soroit de-meuré sons exécution. Cependant cette idée - toute chimérique qu'elle eûtété trouvée dans le temps, est actuellement réaliíee sous nos yeux. Personnen’ignore les dépenses prodigieuses què Louis XIV a faites pour embellir cechâteau avec tous ses accessoires.
On peut encore ajouter que ce Prince ne fut point arrêté par ìe projet detransporter la rivière d'Eure à Versailles par l’aqueduc de Maintenon, priseà Pont-Gouin ; Sc que le but du tranípòrt de ces eaux, qui ne fe pouvoitfaire qu’à grands frais, n’étoit pourtant que d’orner, embellir Sc animer latriste pièce des Suisses par une grande Sc magnifique cascade.
Tous ces travaux immenses furent terminés en trente années avec des fondsextraordinaires. Suivant notre projet, nous proposons d’embellir socceísive-ment Paris , en y abandonnant une somme, peu considérable vu Pimpor-tance de l’objet. Nous insistons seulement à ne point détourner cette source,à ne jamais permettre qu’elle se tarisse, à convenir d’unplan bien raisonné »& à en exécuter siiccesiìvement les différentes parties, à mesure que lesfonds le permettront*
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De l’Imprimerie de MOREAU, Libraire-Imprimeur de la Reine & de Mgr. le Dauphin,
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