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Tome douzième.
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AUX INDES ORIENTALES, Lrv. I. 455

quantité d'autres petites Divinités qui étoient proſternées devant les gran-des. Celles-ci étoient debout, mais toutes attachées à des chatnes de fer,avec de gros colliers;& quelques-unes, avec des menottes. Les petites,qui étoient étendues par terre, étoient attachées ſix à ſix, par la ceinture, àd'autres chasnes plus déliées. Autour des baluſtrades, deux cens quarante-quatre figures de Géans de bronze, rangées en trois files, avec des hale-bardes& des maſſues ſur l'épaule, ſembloient ſervir de gardes à tous cesDieux captifs. Les Nefs étoient traverſées, aux environs de la Chapelle,de pluſieurs verges de fer, ſur leſquelles étoient quantité de flambeaux,chacun de dix lumignons, verniſſés à la maniere des Indes, comme les murs& tous les autres ornemens du Temple, en témoignage de deuil pour la cap-tivité des Dieux(t)..

DANs l'étonnement de ce ſpectacle, nous en demandàmes l'explicationaux Prétres. IIs nous dirent qu'un Calaminham, nommẽé Xixivarom Melitay,qui avoit rêègné glorieuſement ſur les vingt-ſix Royaumes de cette Monar-chie, pluſieurs ſiécles auparavant(v), s'étant vũ menacé par le Siamon, Em-pereur des Monts de la Terre, Allié d'un grand nombre de Rois(x), leszvoit vaincus dans une ſanglante bataille,& leur avoit enlevé tous leursDieux.„C'étoit cette multitude d'Idoles que nous paroiſſions admirer.„ Depuis cette grande guerre, les Nations ſoũmiſes étoient demeurées tri-„ butaires des Calaminhams,& leurs Dieux portoient des chaines. II s'é-„toit répandu beaucoup de ſang, dans un ſi long eſpace, par les révoltes„ continuelles de tant de Peuples, qui ne pouvoient ſupporter cette humi-„ liation. IIs ne ceſſoient pas d'en gémir;& chaque année, ils renouvel-„ loient le vœu qu'’ils avoient fait de ne célébrer aucune fête& de n'allu-„ mer aucune lumieère dans leurs Temples, juſqu'à la délivrance des objets„ de leur culte. Cette querelle avoit fait périr plus de trois millions d'hom-„ mes. Ce qui n'empéchoit pas que les Calaminhams ne fiſſent honorer les„„ Dieux qu'ils avoient vaincus,& ne permiſſent à leurs anciens adorateurs„ de venir ep pélérinage dans ce lieu". Naus apprimes auſſi, des mêmesPrêtres, l'origine du culte que les Payens des Indes rendent à Quiay-Nivan-del, Dieu des Batailles.„ C'étoit dans un Champ, nommé L' itau, que le„ Calaminham, Vainqueur du Siamon& des autres Rois ſes Alliés, avoit„ détruit toutes leurs forces. Aprées le combat, ce Dieu s'étoit préſenté à„ lui, aſſis dans une chaiſe de bois,& lui avoit ordonné de le faire recon-„ noitre pour le Dieu des Batailles, plus grand que tous les autres Dieux du„ Pays. De-laà vient que dans toutes les Indes, lorſqu'on veut perſuader„ quelque choſe qui paroët ab-deſſus de la foi commune, on jure par le Saint„ Quiay-Nivandel, Dieu des Batailles du- Champ de Vitau()*.

Dr ce Temple, la curioſité nous conduiſit dans un autre?, nommé UM-

pane-

(*) Pag. 802: b. deux Rois de part& d'autre. Mr. Prevoſt(0) Il y avoit, ſuivant l'Auteur„ ſfept’ en met vingt-ſept dans l'Armée ennemie du

3 jc ß Fn 2; 12 1.. 1 423;mille trois cens vingt Lunes, qui font, dit- Calaminham; mais nous changeons ce récitilI, fix cens dix annses de la ſupputation, fur 1'Original, qu'il paroit n'avoir pas bien

commune. S compris. R. d. E.(v) L'Auteur dit qu'il y avoit ſoixante-(y) Pag. 803& 804.

MENDEZPINToO.

Hiſtoire decet Sétabliſfe-ment.

Origine duDieu Quiay-Nivandel.

Templed'Urpaneſendo,& ſesſales ſacrifi-ces.