MENDIEZPINToO.
Obſerva-tions de l'Au-teur à Tim-plam.
VOYAGES DE MENDEZ PINTO
riche& tant de perfection, qu'on ne peut rien s'imaginer de plus agréable.Vers la fin du jour, le Calaminham ſe retira dans ſes appartemens inté-rieurs, accompagné ſeulement de ſes femmes. Monvagarvu conduiſit Am-baſſadeur juſqu'à la derniere ſalle,& le remit entre les mains du Campola-grem& des autres Officiers.
NoörRz féjour à Timplam dura trente-deux jours, pendant leſquels nousfümes traités avec autant de civilité que d'abondance. Le tems que mesCompagnons donnoient à leurs amuſemens, je l'employois avec une ſatis-faction extrême à viſiter de ſomptueux Edifices,& des Temples qui meraviſſoient d'admiration(). Je n'en vis pas de plus magnifique que ce-lui de Quiay Pimpocau, Dieu des Malades;& j'ai déja fait remarquer que lapiété de ces Peuples ſe porte en particulier au ſoulagement des infirmitéshumaines. Là, fervent continuellement des milliers de Préêtres, vêtus derobbes griſes, avec une ſorte d'étole de damas rouge, qui ſe retrouſſe ſousles bras. Cet habillement eſt commun à tous les Préêtres de leur Secte;mais ceux du Temple de Pimpocau, paſſant pour les plus éclairés de lEm-pire, ſont diſtingués par des cordons jaunes qui leur ſervent de ceinture,& par le titre de Sigiputons, qui ſignifie Hommes parfaits. L'Ambaſſadeurles viſita cinq ou ſix fois, autant pour s'inſtruire de leur doctrine, quepour admirer Pordre& la beauté de leur Monaſtére. II porta, au Pegu,un gros Volume de leur Religion, dont le Roi de Brama fut ſi ſatisfait,qu'il la fit précher dans tous les Temples de ſes Etats, ou elle s'obſerve en-
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core aujourd'hui(7).
A Légard du Calaminham& de ſon Empire, je donnerai d'autant moins
„ avoit mangé la fille du Roi, lequel, com-„ me s'’il eüt été étourdi, s'en vint peu à„ peu rendre ſur la rive où étoient ces dou-„ ze belles Muſiciennes; ce qui fut fait ſi„ proprement& ſi au naturel, que pas un„ des aſſiſtans ne pouvoit s'imaginer que ce„ füt une fable, mais bien une vérité. Au„ méme- tems, une des douze portant la„ main ſur un poignard qu'elle avoit à ſon„ côté, en éventra le poiſſon,& hors de„ ſon corps elle en tira l'Infante toute vf-„ ve, qui ſe mit à danſer au ſon des inſtru-„ mens. Puis elle s'en alla baiſer la main„ au Calaminham, qui la regut avec beau.„ coup d'honneur& la fit ſeoir prês de lui.On diſoit que cette jeune fille étoit ſa„ nièce, fille d'un ſien frêre. Pour le re-gard des douze autres, elles étoient tou-„ tes filles de Princes& des plus grands„ Seigneurs du Pays, dont les pêres& les„ frères étoient-là préſens. Pag. 819& 820.
(½) Pag. 3821.
(1)„ De ce Livre, dit l'Auteur, j'en ap-„ portai une verſion en ce Royaume de Por-„ tugal, qu'un Florentin emprunta de mol;„& depuis, comme je le voulus r'avoir, il
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d'éten-
„ me dit qu'il&toit perdu. Toutefois, à ce„ que j'ai ſü depuis, il l'emporta à Floren-ce& le préſenta au Duc de Toſcane, quiĩ„ commanda qu'il fùt imprimé ſous ce titre,„ Mouvelle croyance des Payens du bout du„ Monde“. Pag. 822. Cet Quvrage de l'Au-teur a ſans doute été publié en Italien. Onapprend ici que la Religion des Sigiputonsétoit à-peu-près celle des Juifs; c'eſt- à-dire,qu'à Pexception de quelque mélange fabu-leux, ils admettoient la Création, depuisquatre-vingt-deux mille Lunes, le Paradisterreſtre, le peché originel, le déluge,&toute la Doctrine de PAncien Teſtament.Ils racontoient qu anciennement un homme,qui ſe nommoit Tomeé Modeliar, avoit étémis à mort dans une autre Région des In-des, pour avoir préché que Dieu s'étoit faithomme,& qu'il avoit ſouffert le dernier ſup-plice pour le genre humain; que cette Doc-trine n'avoit pas laiſſé de ſe faire un Partidans les Etats du Calaminham; mais qu'en-ſüite elle avoit été réprouvée, parce qu'ellefaiſoit mourir Dieu ſur une croix. Ihid.Pag. 825& 827.
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