MENDRZPINTo.
Retour&route del'Ambaſſa.deur de Bra-ma.
Ville dePavel. RécitsEStranges del'Auteur.
46² VOYAGES DE MENDEZ PINTO
vant leur inſtitution, de deux mille hommes de pied, de cinq cens che-vaux& de quatre-vingt éléphans. Le revenu impérial monte à vingt mil-lions d'or, ſans y comprendre les préſens annuels des Princes& des Sei-gneurs. L'abondance eſt répandue dans toutes les conditions. Les Gen-tilsnommes ſont ſervis en vaiſſelle d'argent,& quelquefois d'or. Celle daPeuple eſt de porcelaine ou de laiton. Tout le monde eſt vêetu, en Eté,de ſatin, de damas,& de taffetas rayés, qui viennent de Perſe. En Hy-ver, ce ſont des robbes doublées de belles peaux. Les femmes ſont fortblanches,&G d'un excellent naturel. En général, le caractère des Habi-tans eſt ſi doux, qu'ils connoiſſent peu les querelles& les procès. Tousleurs différends ſont terminés par les Chefs de quartier; ou, s'il s'en élèvedans les conditions ſupérieures, on s'en remet au jugement de quelquesReligieux, qui s'aſſemblent pour former une eſpèce de Tribunal, d'où Pu-nique appel eſt au Queitor, Intendant ſupréème de la Juſtice. Le Gouver-nement n'eſt pas moins ſimple dans les Provinces. Elles ſont comman-dées par des Officiers de la Cour, dont chacun jouit d'une égale autori-té dans ſon département,& juge ſans appel tous les différends du Peu-ple(p).
LAMBAsSSADEuUR, aprés avoir regu des Lettres& des préſens pour leRoi ſon Mattre, partit de cette Cour le 3 de Novembre 1546, accom-pagné de quelques Seigneurs, qui avoient ordre de le conduire juſqu'à Pi-dor. IIs prirent congé de lui dans un grand feſtin. Deês le mêeme jour,ayant quitté cette Ville, pour nous embarquer ſur la grande Rivieère dePituy, nous allämes paſſer la nuit dans un Monaſtère de Quiay-Jarem,Dieu des Mariés, qui eſt ſitué ſur la rive au milieu d'une belle plaine, oupon découvre quantité de riches édifices. De-là, continuant de deſcen-dre pendant ſept jours, nous arrivàmes dans une Ville, nommée Pavel.L'Ambaſſadeur y fut arrêté trois jours par la richeſſe du Commerce, qui luidonna occaſion d'acheter diverſes curioſités, qu'on y apporte par Carava-nes, de certaines Contrées fort éloignées(4).
DE.
(pb) Ibid.& pag. précédentes.„ les ont fort velues. IIs ſont d'un naturel
(2) Ici Pinto raconte des choſes ſi ex-„ enclin à la cruauté;& tout au bas de l'e-traordinaires, qu'elles juſtifieroient ſes Cen-„ pine du dos, ils ont une louppe de laſeurs, s'il mavertiſſoit qu'il parle ſur le té.„ groſſeur des deux poings. Leur demeuremoignage d'autrui. Cependant comme j'ai„ eſt en des montagnes fort hautes& rudes,entrepris, dans cet extrait, de faire connot-„ dans leſquelles il y a de profondes foſſes,tre le caractère d'un ſi fameux Voyageur, je„ où durant les nuits d'hiver on entend quel-me crois obligé de donner place, dans une„quefois des cris& des gémiſſemens effro-Note, à quelques traits de ſon récit, pour„ yables. On nous dit encore que non loingviter le ſoupgon de l'avoir traité avec trop„ de ces Peuples, il y en avoit d'autres,de faveur.„ nommés Caloubos, Timpates,& Bugemg,„ Quelques Marchands, dit-il, nous aſſu-.„& d'’'autres auſſi plus&loignés, qui ſe nom-‚ rêrent qu'ils venoient d'une Province nom-„ moient Oqueus& Magores, leſquels ſe„ mée Frioucaranja,& qu'au-delà d'icelle il„ nourriſſent de la chaſſe qu'ils font des„„ y avoit certains Peuples qu'ils appelloient„ bétes ſauvages, qu'ils mangent cruesz en-„ Calogens& Funcaor, hommes bazanés&„ ſemble de toutes ſortes d'animaux veni-„ grands archers, qui ont les pieds tout„ meux, comme lézards, ſerpens,& cou-„ ronds comme des bœufs, mais les mains„ leuvres; laquelle chaſſe ils font ordinaire-„ Comme les autres hommes, ſi ce n'eſt qu'ils„ ment, monteés ſur des animaux auſſi grands
„ que
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