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Tome quatorzième.
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DeRNIRRESGuUERRES DE

Fatalité deces délaispour ſfon

Ouragan fu-rieux qu'elleeſſuye.

2 DESCRIPTION DE LA

ſujet de ſes inquiétudes étoit Pexécution même du projet, qui, bien conſi-déré, lui paroiſſoit auſſi inutile que dangereux. En effet, s'il ne s'agiſſoitque d'aſſurer, à la Compagnie de France, ce qui lui revenoit aux termes desconventions, M. de la Bourdonnais propoſoit d'enlever d'abord tout cequ'on pourroit tranſporter fur les Vaiſſfeaux,& de laiſſer à Madras desCommiſſaires pour avoir ſoin du reſte. Les Frangois, en gardant la Villejuſqu'en Janvier, couroient le riſque de s'en voir chaſſés, apres le retourde l'Eſcadre Angloiſe& le départ de celle de M. de la Bourdonnais, quine croyoit pas qu'un Corps de cinq à ſix cens hommes, partagé dans Pon-dichery& Madras, put fuffire pour défendre deux Villes auſſi grandes, con-tre toutes les forces des Ennemis.

ExFIN, malgré le regret qu'avoit M. de la Bourdonnais, de ſe voir réduità ſacrifier des conſidérations ſi importantes à l'entéetement de M. Dupleix,il prit ſon parti,& réſolut de terminer, ſuivant les deſirs de Pondichery,faute de pouvoir faire mieux. Dans cette voe il envoya, le 11 Octobre,à M. Dupleix, une copie des Articles du Traité de rangon,& exigea qu'illui donnaât ſa parole d'honneur de tenir tous ces Articles. Cependant il luifaiſoit encore de nouvelles repréſentations ſur les inconveniens de cet ar-rangement; mais toutes ſes propoſitions furent inutiles,& M. Dupleixvouloit abſolument reſter maĩtre de Madras. Ainſi M. de la Bourdonnaisſe vit forcé d'ajoter cinq Articles aux dix- ſept qui avoient été proviſion-nellement arrétés,& il les addreſſa à M. Dupleix, en P'avertiſſant, que s'ily faiſoit quelque changement, il ne lui répondoit pas qu'ils ſeroient ac-ceptés. A ces conditions M. de la Bourdonnais promettoit de lui remet-tre Madras.

Arkkäs les engagemens pris par le Conſeil de Pöndichery, de lui laiſſer laliberté de réègler ces Articles comme il le jugeroit convenable; aprês leurparole donnee par écrit, d'exécuter ce qu'il auroit reglé avec les Anglois,Il ne ſembloit pas qu'il y eut lieu de craindre que ces Meſſieurs fiſſent denouvelles difficultés, ſur-tout dans un tems critique, où le moindre retar-dement expoſoit'Eſcadre aux plus grands dangers. Ceſt ce que M. de laBourdonnais ne ceſſoit de leur repréſenter dans toutes ſes Lettres. On eutdit qu'il avoit un preſſentiment du malheur qui devoit lui arriver,& qu'’ilauroit infailliblement évité, ſans toutes les mauvaiſes chicanes qu'il eut àeſfuyer de la part de M. M. de Pondicheræ. Ce malheur eſt ſans contreditun des plus grands que la Compagnie de France ait jamais éprouveés. Eneffet, quoique le 13, il fit le plus beau tems du monde, il s éleva dans lanuit un Ouragan furieux, qui diſperſa tous ſes Vaiſſeaux,& en fracaſſa laplus grande partie. L. Achille étoit à une lieue de terre, démâté de tousmats,& chargé en côte par un vent d'Eſt, qui le mettoit à la veille de pé-rir avec tout fon Equipage; le Bourbon étoit encore plus maltraité& enplus grand danger; le Phenix ne paroiſſoit plus; la Marie-Gertrude étoit é-chouée,& il ne sen étoit fauvé que quatorze hommes; le Duc d'Orleansavoit entiérement péri, corps& biens, à ſix lieues au large; le Meptune&une Priſe Angloiſe étoient dematés de tous maâts; deux Bots, un BrigantinAnglois, qui avoit été pris la veille par les Frangois, un Navire Hollandois,

qui partoit pour Batavia, deux Navires Anglois, qui avoient paru au large,&

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