KEMFPFER.1691.Ils rendentdiverſes viſi-tes aux Sei-gneurs de laCour.
Ils y ſonttraités peu ſé-rieuſement.
On leurmontre deuxCartes géo-graphiques.
Obſervationsde Kæmpferſur ces Car-tes.
305 VOYAGE DE KEMPFE;R
LAMBASSADRUNR employa les jours ſuivans, à faire ſes viſites aux Mi-niſtres& aux principaux Conſeillers d'Etat.„ Il fut regu par-tout avecbeaucoup de civilité, par les Intendans& les Sécretaires(⁷), qui le ré-galèrent de thé, de tabac& de confitures. Les chambres, ou il étoitadmis, étoient remplies, derrière les paravents& les jalouſies, d'unenombreuſe aſſemblée, qui ſouhaitoit beaucoup de voir faire aux Hollandoisleur exercice comique. IIs n'eurent pas toüjours cette complaiſance;mais ils chantérent& danſèrent dans pluſieurs maiſons, lorſqu'ils étoientſatisfaits de'accueil qu'ils y avoient regu. Quelquefois les liqueurs for-tes, qu'on leur faiſoit boire avec un peu d'exces, leur montoient trop à„ la téte“. Cette facilité à ſervir comme de jouet chez les Grands,&Pembarras où ils ſe trouvoient dans les rues, pour ſe dégager de la fouledu Peuple, donnent une ſinguliére idée de leur Ambaſſade. Cependant ilstémoignoient quelque impatience pour ſe retirer, lorſqu'ils croyoient s'ap-percevoir, qu'ils étoient peu reſpectés.„Nous nous regardions, dit Kæmp-„ fer, non comme des Marchands envoyés pour le trafic, mais comme des„ Ambaſſadeurs, qui devoient être traités honorablement(m)“
DAHs une viſite qu'ils rendirent au Seigneur Iſuſimano-(ami, on leurſervit un diner compoſé des mets ſuivans: du poiſſon bouilli dans une fortbonne fauce; des huitres bouillies,& ſervies dans la coquille, avec duvinaigre; diverſes petites tranches d'oye rôties; du poiſſon frit,& desœufs bouillis. La liqueur qu'on leur fit boire étoit exduiſe. Après le feſ-tin, on ſouhaita de voir leurs chapeaux, leurs pipes& leurs montres. Onapporta deux Cartes géographiques, dont Dune étoit ſans les noms desPays, mais d'ailleurs afſez bien deſſinée,& ſuivant toute apparence, d'a-préès une Carte de Europe. L'autre étoit une Carte du Monde entier, deforme ovale, dont les noms étoient marqués avec les Katrakanna Japonois,qui ſont une ſorte de caractéres. Kæmpfer ſaiſit cette occaſion, pour ob-ſerver la maniere dont les Japonois repréſentent les Pays qui ſont au Nordde leur Empire. Au-delà du Japon,& vis-à vis des deux grands Promon-toires Septentrionaux d'Osju, il remarqua I'Ifle de Jeſogaſima. Au-delà decette Iſle, il vit un Pays deux fois grand comme la Chine, diviſé en diffé-rentes Provinces, dont un tiers s'avangoit au-delà du Cercle Polaire,&couroit à l'Eſt beaucoup plus loin que les Côtes les plus Orientales du Japon.Ce Pays étoit repréſenté avec un grand Golfe ſur le rivage Oriental, vis-à-vis de Amérique,& le Golfe étoit à- peu-près de forme quarrée. Il n'yavoit qu'un paffage entre le meme Pays& rAmérique;& dans ce paſſage,il y avoit une petite Ifle. Au-delà, tirant vers le Nord, il y avoit une au-tre Ile, de forme longue, qui touchant preſque de ſes deux extrémités lesdeux Continens, c'eſt-à-dire, celui de Jeſſo, à Oueſt,& celui de l'Amé-rique, à Eſt, formoit ainſi le paſſage au Nord. C'étoit à-peu-près de mê-
me,pli de farine de pois, mêlée de ſucre,„ reſte. Il en eut ſa charge. On lui don-„ qu'on auroit priſe pour de la theriaque. 100.„ na, pour- la porter, du papier& des plam-„ Deux petits Mangues de la groſſeur ordi-„ ches“ Pag. 191 GE 192.„ naire, apprêtés de la même maniere. Les(4) Pag. 102.„ Hollandois goutèrent un peu de tout; après(m) Pag. 1006& précédentes.„ quoi, IInterprête eut ordre d'emporter le
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