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Tome quatorzième.
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DANS LEMPIRE DU JAPON, LIv. IV. 807

me, qu'on avoit repréſenté toutes les Terres inconnues du Pole Antarcti-que, qui étoient marquées comme des Iſles(n).. 1DE quantité d'autres circonſtances, que Kæmpfer prit le méme ſoin derecueillir, dans les deux Voyages de l'Ambafſadeur à la Cour, il en reſteune qu'on ſe reprocheroit d'avoir ſupprimée, quoiqu'il ne la rapporte iciqu'avec beaucoup de ménagement pour les Hollandois. L'Ambaſſadeur,après avoir regu ſon Audience de congé, fut appellé devant les Conſeillersd' Etat, pour entendre la lecture des ordres qui regardent le Commerce.IIs portoient, entr'autres Articles(0):„ que les Hollandois m'inquicte-„ roient aucun Navire ni Bateau des Chinois, ou des Liquans; qu'ils n'a-„ meneroient, au Japon, dans leurs Vaiſſeaux, aucun Portugais, ou Pré-„ tre;& qu'à ces conditions on leur accordoit un Commerce libre“. Apréscette cérémonie, on fit préſent, à lAmbaſſadeur, de trente robbes, éta-lées dans le même lieu, ſur trois planches. On y joignit ce qui ſe nom-me une Lettre de Fortune,& qui eſt un témoignage dè la protection de Em-pereur. L'Ambaſſadeur fut obligé de ſe proſterner quatre fois;& pourmarquer ſon reſpect, il mit le bout d'une des robbes fur ſa tête.LAPRRS-MIDI du méeme jour, avant qu'il füt retourné à ſon logement,pluſieurs Seigneurs de la Cour lui envoyerent aufſi un préſent de robbes.Quelques-uns des Meſſagers laiſſérent leur fardeau à hötellerie Hollandoi-ſe. D'autres attendirent le retour de Ambafſadeur, pour le remettre en-tre ſes mains. La réception de ces préſens ſe fit avec toutes les formali-tés du cérémonial. Des Koulis, ou des Porteurs, marchoient devant, avecles robbes, qu'ils portoient dans des caiſſes. Un d'entr'eux portoit la plan-che fur laquelle les robbes devoient être étalées,& la Lettre de Fortune’qui eſt un aſſemblage de cordons plats, entrelaſfés par un bout,& renfer-meés dans un papier entouré d'un nombre impair de liens de ſoye, de diffé-rentes couleurs,& quelquefois dorés, ou couleur d'argent. Celui qui de-voit offrir les robbes étoit introduit dans lappartement de'Ambaſſadeur;& s'aſſeiant vis-à-vis de lui, à quelque diſtance, il Jui faiſoit ce compli-ment:„ Un tel Seigneur, mon Maitre, vous félicite d'avoir eu vêtre„ Audience de congeé,& un beau tems, ce qui eſt Maeditbe, c'eſt-à-dire,„ Fort heureux. Vos préſens lui ayant été fort agréables, il ſouhaite que„ vous acceptiez en échange ce pétit nombre de robbes“. En finiſſant,il donna, à IInterprête, une grande feuille de papier, qui contenoit, engrands caractéres, le nombre des robbes& leur couleur. L'Ambaſſadeur,à qui l'Interpréte remettoit cette feuille, la tenoit ſur ſa téte, pour témoi-gner ſon reſpect. Tous les ſpectateurs demeuroient dans un profond ſilen-ce, les uns aſſis, d'autres à genoux. On avoit appris, à Ambaſſadeur,le compliment qu'il devoit faire en réponſe; il le répétoit dans ces termes,avec une profonde inclination:„ Je remercie tres-humblement Ie Seigneur,„ vötre Maitre, de ſes ſoins pour nous procurer une Audience prompte&„ favorable. Je le ſupplie de continuer ſes bons offices aux Hollandois.„ Je lui rends graces auffi de ſon précieux préeſent,& je ne manquerai point„ d'en

(“n) Pag. 193.(°) Cette matiére ſera plus étendue dans la Deſcription.

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KnMrrrr.1 691.

Articlesqu'on lit àl'Ambaſfſa-deur.

Préſens de„'Empereur.

Formalitéspour les pré-ſens des Sei-gneurs.

Lettre deFortune.

Complimentdu Meſſager,& réponſe del'Ambaſſa-deur.