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Tome quatorzième.
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DANS LPEMPIRE DU JAPON, Lrv. IV. 315

prend la qualité de troiſiéme Succeſſeur du Siége d'Ingen, dont Kæmpferaconte Phiſtoire.

INGEN ctoit Souverain Pontife de la Chine,& vingt-huitiéme Succeſ-ſeur de Siaka, Fondateur de ſa Religion. Un zéele ardent pour la propaga-tion de cette Secte, ſa tendreſſe pour les Moines de la mème foi, qui de-meuroient dans les trois Monaſtères de Nangaſaki,& le deſir d'aſfurercet Etabliſſement contre les attaques des Mukurrokoxus, nom que les Sectai-res donnent aux Chrétiens& à tous les Adverſaires de leurs opinions,'o-bligeèrent de réſigner ſa Dignité entre les mains d'un Succeſſeur,& de paſ-ſer au Japon, pour y établir un premier Siege de cette Doctrine. Il y futregu avec toutes ſortes de reſpect. L'Empereur lui offrit, pour ſon ſé-jour, la Montagne d'Obaku. Quelques miracles, qu'il fit preſqu'en arri-vant, augmentérent l'opinion de ſa Sainteté. Cependant il ne put per-ſuader à tout le Clergé Japonois, qui étoit alors divifé, d'embraſſer ſesprincipes,& de le reconnottre pour Chef. II eut, pour Succeſſeur, unautre Chinois, nommé Okulh, qui fut remplacé par un Japonois, ſous leritre de Supérieur du Couvent de la Montagne d'Obaku,& de Général destrois Monaſtères Chinois de Nangaſaki(y).

KEMPFER imite ici les Japonois, dit-il, en paſſant, des Temples, auxLieux de débauche. II donne une idée fort ſingulière de cet infame Quar-tier. C'eſt, de toute la Ville, celui qui contient les plus jolies maiſons;toutes habitées par des Courtiſanes. Il ſe nomme Kaſiematz. Sa ſituationeſt ſur une éminence. II conſiſte en deux grandes rues. Dans toute'Ilede Saikokf, on ne compte que deux de ces lieux, que les Japonois nom-ment Mariam; l'un, dans la Province de Tſikuſen,& celui de Nangaſaki.Cette Iſle produit les plus belles femmes du Japon, à l'exception, néan-moins, de celles de Meaco, qui les ſurpaſſent encore. Kæmpfer aſſure queles Habitans de Nangaſaki peuvent placer leurs filles dans le Mariam, lorſ-qu'elles ont quelques agrémens. Elles ſont achetées fort jeunes par lesAdminiſtrateurs de cet étrange commerce, qui peuvent en avoir Juſqu'àtrente dans la même maiſon. Elles y ſont fort bien logées. On les formeſoigneuſement à danſer, à jouer des inſtrumens, à faire des billets tendres;& géneéralement à tous les exercices qui conviennent à leur profeſſion. Leprix de leurs faveurs eſt fixé par les Loix. Celles qui ſe diſtinguent pardes qualités extraordinaires, ſont logées& véêtues avec diſtinction. Unedes plus mépriſables doit veiller, pendant la nuit, dans une loge, à la por-te de chaque maiſon, pour la commodité des Paſſans; le payement eſt laplus petite monnoye du Pays. Celles qui ſe conduiſent mal, ſont con-damnées, par punition, à faire cette garde. La plüpart de ces filles ſemarient, aprées le tems de leur ſervice. Elles en trouvent d'autant plusfacilement occaſion, qu'elles ont été bien élevées;& l'opprobre de leurjeuneſſe ne tombe que fur ceux qui les ont achetées pour corrompre leurinnocence. Auſfſi rien n'eſt- il ſi mépriſé que cette eſpèce d'hommes. Quoi-qu'ils amaſſent des biens conſidérables, ils ne ſont jamais regus dans la ſo-ciété des honnétes gens. On leur donne l'odieux nom de Katſuva, qui

ſignifie

(y) Tom. II. Pag. 161& précédentes.

Rr 2

KErTmMLPFeR.1691.

Pontife desChinois auJapon.

Lieux publics de dé-bauche.