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Tome quatorzième.
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DANS LEMPIRE DU JAPON, Lrv. IV. 331

ne diviſion(b), qui n'a pas ceſſé de ſubſiſter malgré toutes les révolutionsde †Empire, il ne reſte, à joindre au compte, que les deux nouvelles Pro-vinces, ou plutòôt les deux Ifles, auxquelles on a donné ce nom, depuisqu'elles ont été conquiſes& réunies à la Monarchie Impériale du Japon,dans la derniére Guerre contre la Corée. On a déja remarqué qu'elles ſenomment Iti& Tuhlima. Mais les Japonois ſe ſont accoutumés à joindreles deux noms enſemble, parcequ'après avoir été autrefois ſous la domi-nation du Prince de Satſuma, elles ont aujourd'hui un Prince particulier,qui porte le titre de Prince d'Iki-Tſuſſima. La premiéere de ces deux Ifles,qu'on nomme auſſi Isju, n'a qu'une journée de longueur;& n'eſt diviſéequ'en deux Diſtricts; Iai& Iſida. La ſeconde, nommée autrement Taisju,eſt un peu plus grande;& ſe diviſe de même en deux Diſtricts; Akata&Simoakata, c'eſt-à-dire, le hbaut& le bas Akata. On ne parle pas avantageu-ſement de la fertilité de ces deux Provinces; mais elles ſont fameuſes par legrand nombre d'Idoles qu'on y adore,& par diverſes curioſités naturelles,qui attirent les Etrangers. Le revenu annuel de ces deux Ifles monte à troisMans cinq mille Kokfs.

KEMPFER conclut que le revenu de toutes les Ifles& les Provincesdu Japon, eſt, chaque année, de deux mille trois cens vingt-huit Mans& ſix mille deux cens Kokfs, du moins fuivant l'opinion établie par lecompte auquel il s'eſt attaché; quoiqu'un Auteur Japonois, qu'il aimoità conſulter, ne le fit monter qu'aà deux mille deux cens cinquante- ſeptMankokfs(c.).

(b) Outre les Provinces du revenu Impê- ſoins de la Couronne, ou que dans la ſuiterial, qui forment proprement le Domaine de ils ont été enlevés à leurs Propriétaires, enl'Empereur, pluſieurs Diſtricts des autres punition de quelque crime,& réünis au Do-Provinces y font annexés, ſoit parce qu'an- maine. Kampfer, pag. 128.ciennement ils ont été deſtinés pour les be-(c) Ibidem, pag. 126& précédentes.

9. III.Origine der Japonois,& forme de leur Gouvernement.

E n'eſt pas dans les anciennes Hiſtoires des Japonois, qu'il faut cher-cher la vérité de leur origine. La fierté, qui leur eſt naturelle, n'a-

yYant pü ſouffrir qu'on les fit deſcendre d'aucun autre Peuple, ils n'ont pastrouvé d'expédient plus fur, pour éloigner l'idée de cette eſpéce de dépen-dance, que de ſe prétendre ſortis du ſein meme de leur Empire; non com-me les inſectes, à l'’exemple de quelques autres Nations(a), mais en fai-ſant remonter leur naiffance juſqu'à leurs Dieux. Cette imagination leureſt ſi particulière, qu'elle mérite quelque détail en faveur de la fingularité.On apprend de Kæmpfer, qui s'étoit fait une étude de s'en inſtruire, qu'ilsſuppoſent un premier Cahos, auquel, tout ce qui exiſte doit ſa formation,& qui a produit leurs Dieux. IIs en établiſſent deux différentes Généalo-gies; la premiere, d' Eſprits céleſtes, ou d Etres tout-à- fait dégagés dumè-lange

(4) Diodore de Sicile. Liv. r.84

DescarrioRnDuU JApox.Les deux

Provinces

d'lki& de

Tſuſſima.

Total du revenu des Pro-vinces du Ja-pon.

Les Japenois ne veu-lent deſcen-dre d'aucunPeuple.

Idée ſingu-liére qu'ils ontde leur ori-gine.