DascarrrronD9 JaApoN.
Comment& quand leJapon fut dé-couvert.
Lipangri deMarco Polo.
334 VOXACGE DEKEMPFER
quens ſur une Mer ſi orageuſe. Quoiqu'on entende aujourd'hui beaucoupmieux la Navigation, ces accidens ne laiſſent pas de ſe renouveller en-core. Les Hiſtoires du Japon rendent témoignage que, dans quelques Iſlesvoiſines, au Sud& au Nord, on a trouvé des Noirs, dont la peinture nepermet pas de douter que ce ne füt des Marchands Malais, ou des Habi-tans de quelqu'une des Moluques, qui, s'y voyant jettés par la tempè-te, s'Etolent déterminés à demeurer dans des licux qu'ils avoient trouvédéſerts. Kœmpfer fut témoin lui-mêeme, pendant ſon ſéjour au Japon,de P'infortune de pluſieurs Vaiſfeaux, qui vinrent échouer ſur les Coô-tes(½);& Fon ſgait, ajote-t'il, que le premier Bàtiment Européen, quiaborda dans ces Iles, fut un Vaiſſeau marchand Portugais, pouſſé par latempete.
Mals, pour emprunter une obſervation de IHiſtorien moderne, ſi quel-que Peuple voiſin a formé le corps de la Nation Japonoiſe, il y a beau-coup d'apparence que ce ſont les Tartares plutét que les Chinois. Les An-nales de la Chine diſent formellement, qu'en l'année 1196 avant jeſus-Chriſt, les Tartares commencerent à peupler les IHles de la Mer Orientale.En effet, outre bien des maniéres communes aux Tartares& aux Japo-nois, il y a tant de rapport entre le genie belliqueux& la fermeté d'amede ces déux Peuples, qu'un Japonois ſeroit bien défini, un Tartare poli&civiliſé(1).
LàA découverte du Japon, par les Européens, eſt un effet du même ha-zard, qui ſembla prélider, aux Navigations du quinziéme& du ſeiziemeſiécle. Marco Polo, qui vivoit à la fin du treiziéme, eſt le premier Ecrivainde TEurope(m) qui ait parlé de cet Empire ſous le nom de Zipangri, ou
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(X) Tbidem,& pag. précédentes. Ne ſup-„primoöns pas quelques exemples, qui con.„viennent à ce Recueil.„D'un Vaiſſeau, qui„échoua fur les Côtes de Satzuma, pendant„que Kæmpfer étoit au Japon, il ne ſe„
téte raſée à la manière des Polonois, pointde barbe& trois trous à chaque oreille.La civilité de leurs manières& leur con-tenance libre& modeſte, faiſoient voir qu'ilsavoient été aſſez bien élevés. IIs donnoient
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ſauva que trois Matelots noirs, qui nepouvoient pas prononcer diſtinctement unſeul mot, excepté celui de Tibano. Aprèesles avoir gardés quelque-tems en priſon,on les remit aux Hollandois, pour lestranſporter ſur leurs Vaiſſeauxv. On ame-na, à Nangaſaki, un Vaiſſeau qui avoitété jetté ſur les Côtes Septentrionales duJapon, ſans qu'il y ct perſopne à bord.La manieère particulière dont il étoit baàti,& les reſtes de caractères qu'on trouvaſur la poupe, firent conjecturer aux Japo-nois qu'il venoit des extrèmités de Jefo.Un autre Vaiſſeau périt, il n'y a pas long-tems, ſur les Côtes de l'Iſfle Biukusa,&deux hommes ſeulement ſe fauvêèrent. IIsfurent menés d'abord à Satzuma,& enſui-te à Nangaſaki, avec une eſcorte de huitBarges; ce qui coüta quelques milliers d'e-cus au Prince de Satzuma. IIs avoient lataille belle& la phyßonomie agréable, la
des marques d'eſprit, par la peine qu'ilsprenoient à faire connoitre le nombre, laſituation& la grandeur des Iſles d'ouù ilsétoient partis, en mettant, ſur une table,des pierres de différentes grandeurs,&leur donnant à chacune le nom de ces Iſles.IlIs appelloient Patan celle de leur demeu-re. Dans ces occaſions, il faut que toutl'Equipage du Vaiſſeau, tant ceux qui ſontéchappés au naufrage, que les corps deceux qui ſe ſont noyès& que la Mer a jet-tés au rivage, auſſi bien que les agrèts duVaiſſeau, ſoyent conduits& portés à Nan-gaſaki, qui eſt le lieu où l'on examine toutce qui concerne la Marine. On n'epargnerien pour découvrir d'o viennent ceuxqui ſe ſont ſauvés. Cet examen ſe faituelquefois en préſence du Réſident deollande“. Ihid. pag. 149.
(1) Hiſtoire du Japon, pag. 119.(m) Le Traducteur de Kæmpfer obſerve,gue