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DEschmrroNDṽ JAPoN.
Comédies& Spectacles
8faponois.
Chaquequartier fait àſon tour la dẽpenſe desSpectacles.
354 vOYAGE DEKTMPFER
bouffonne; mais, dans les Tragédies& les Comédies, tout eſt rapporté àla Morale. Le ſtyle des premitres a de Temphaſe& de l'énergie. Ellesroulent ordinairement ſur les actions les plus héroiques.
LEs Spectacles publics ſont compoſés de pluſicurs pièces, qui ſe ſuccé-dent les unes aux autres,& dont le ſujet eſt pris dans 1'Hiſtoire des Dieux& des Héros. Leurs avantures, leurs grands exploits, leurs intrigues a-moureuſes ſont miſes en Vers,& ſe chantent en danſant au ſon de toutesſortes d'inſtrumens de Muſique. De petites Farces font les intermédes;on voit parottre diverſes ſortes de Bouffons, dont les uns diſent mille plai-ſanteries,& d'autres, à la maniere des anciens Pantomimes, danſent ſansparler,& s'efforcent d'exprimer en cadence, par leurs actions& par leursgeſtes, les circonſtances du ſujet qu'ils repréſentent. La Scène eſt ordi-nairement formée par des fontaines, des ponts, des maiſons, des jar-dins, des arbres, des montagnes, des animaux; tout de grandeur natu-relle,& diſpoſé de manière, que les changemens peuvent ſe faire avecbeaucoup de promptitude. Les Acteurs ſont ordinairement(d) de jeu-nes Gargons, choiſis dans les quartiers qui font la dépenſe du Specta-cle,& de jeunes Filles qu'on tire des lieux de débauche. IIls ſont magni-fiquement vêtus, ſuivant la différence de leurs rolles. Les mêmes Scée-nes ne doivent pas étre répétées d'une année à rautre. Kæmpfer don-ne la deſcription de la place des Spectacles qu'il vit à Nangaſaki. On yavoit élevé, dit-il, un grand Temple de bambons, avec des alles au coö-té. Le Frontiſpice etoit tourne vérs la placc. Ce Bariment, qui étoitcouvert de paille& de branches de Iſugi, reſſembloit aſſez à une grange.Aufſi ſe propoſoit-on de remettre devant les yeux F'ancienne ſimplicitéJaponoiſe. Un grand ſapin s'élevoit à côté de la fagade,& les trois au-tres côtés de la place étoient diſpoſés en Loges, où lon avoit menagé un
rand nombre de ſiéges pour les Spectateurs. Les Miniſtres des Dieux s'aſ-irent en bon ordre— trois bancs, vis-à-vis le Frontiſpice. On reconnoiſ-ſoit les Supérieurs, qui étoient ſur le banc le plus élevé, à leur habit noir,& à un baton court qu'ils portoient pour marque de leur autorité. QuatreCanuſis, d'un rang peu inférieur, étoient ſur le ſecond banc, vêtus derobbes blanches, avec un bonnet noir verniſſé. Tous les autres étoientà-peu-prêès véêtus comme les Canuſis. Les Valets du Temple ſe tenoientderriére leurs Mattres, téte nue& debout. De P'autre côté de la place,vis-à-vis du Clergé, les Lieutenans des Gouverneurs étoient aſſis ſousune tente, un peu au-deſſus du rez-de-chauſſée, avec leurs piques vis-à-vis d'eux. Leur devoir, dans ces occaſions, eſt de faire ranger lafoule& de contenir la populace. IIs ont autour d'eux quantité d'Officiersſubalternes.
Or vient d'obferver que ce ſont les différens quartiers de la Ville, quifont la dépenſe des grands Spectacles. IIs la font, chacun à leur tour, uncertain nombre de fois chaque année. Kæmpfer nous donne une idée pom-peuſe de la maniere dont ils aménent, comme en proceſſion, leurs Acteurs
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(d) Au nombre de huit, douze, ou plus. Kampfer, Tome II. pag. 145.