Band 
Tome quatorzième.
Seite
356
JPEG-Download
 

DeschrrIo-DU JAPoN.

Peinture.

Muſique.

356 vOYAGE DE KEMPFER

Ox attribue aux Peintres du Japon un goüt particulier dans lequel onprétend qu'ils excellent. Leur pinceau eſt fort délicat; mais ils s'appli-quent peu aux Portraits. IIs ſe bornent aux figures d'oiſeaux, de fleurs,&d' autres productions de la Nature. Ceſt toũjours ſur de ſimples feuilles depapier qu'ils les tracent. Elles ſe vendent quelquefois juſqu'à trois& qua-tre mille écus d'or. Quoiqu'on n'ait jamais vũ d'eux, en Europe, que desOuvrages fort groſſiers, il n'en faut pas conclure que ce récit ſoit exage-ré, parceque les peintures de cette perfection ſe conſervent fort ſoigneuſe-ment dans les Cabinets. On parle de leur Muſique avec moins d'éloges.Ils ont peu de méthode;& leurs voix, ni leurs inſtrumens, ne méritentpoint d attention.

ILs

„ mi eux,& qui dit mille bouffonneries.„ porte, qui avoit un trou rond d'environ„ Cette Scéne fut terminée par deux Dan-„ deux empans& demi de diamétre. Le„ ſeurs, en habits Etrangers, qui vinrent du z, Sauteur fit plufieurs tours qui ſurprirentſeen 5 ,2. G 8 eedgg. 89 884 plus étonnans fut de„ Septieme Scéne. ne montagnée couver- ſauter, de la diſtance d'environ trois toi-„ te de sa viv;. 8“ T ben„ ſes, au travers du trou de la porte,„ autres arbres en fleur, chacun de diffé-„ quoique le diamétre du trou ft beaucoup„ rente eſpèce. Une ſuite nombreuſe de gens„ moins grand que celui du chapeau qu'il„ magnifiquement vêtus. Enſuite deux per-„ portoit.ſonnes habillées de blanc,& huit autres Douziéme Scene. Pluſie chines d8— d 3„Douziéme Scene. Pluſieurs machines d'une8 de Jaune, danſant& battant des clo.„ grandeur énorme, exactement ſemblables,„ ches. Sept autres, qui ſuccédéèrent,&„ en grandeur& en couleur, à ce qu'on a-8“ avee des Pote de fleure ſur*%ꝗ veit repréſenter; mais toutes d'unea téte.„» matiére ſi mince, que chacune étoi—*, Huitisme Scéne. Le train pompeux d'un„ tée par un ſeul See. 0.- x 1 e me. Outre ce fardean,„Prince, voyageant avec ſon fils, repréſenté„, chaque Porteur avoit un grand tambour,fort au naturel par de jeunes gargons.„ qui lui pendoit par devant, ſur lequel d'au-„Neuviéme Scene. Une maiſon verte, au„, tres hommes frappoient avec des cloches.travers& tout autour de laquelle dan-„ Ils traverſerent ainſi le théatre en danfant,ſoient dix jeunes gargons, vètus de rob-„ mais ſans pouvoir ſauter bien haut, par-bes noires; chacun, d'abord, avec deux„ ceque leur fardeau, quoique ſi leger parepées, enfuite avec des fleurs, des fléches,„ ſa matière, étoit ſi lourd& ſi incommode& des piques. IIs étoient relevés par des„ par ſa grandeur, qu'ils furent obligés plu-

.

r intermédes de Bouffons. Enfin leurs Va-„, fieurs fois de reprendre haleine. Ce qu'ils„ lets, portant des boëtes ſur leurs épaules,„ portoient ſur leur dos, étoit; 10⁰. Un puits,„ entremelèrent leurs fauts& leurs danſes„ avec tous les inſtrumens néceſſfaires pour„avec celles de leurs Maitres.„ Eteindre le feu. 2°. Une grande cloche

„Dixième Scene. Un théatre placé préäs„ dEgliſe, avec toute ſa charpente,& unchune colline couverte d'arbres. Un jeune„ dragon deſſus, pour ornement. 30°. Uneé„ homme vétu de noir& de jaune parut ſur„ montagne couverte de neige, avec un aiglele théaàtre, parla,& joua un rolle qui„ au ſommet. 4. Un canon de fonte, de„ dura une demie heure; tandis que huit au-„ vingt-quatre livres de balle, avec ſon af-„ tres jeunes gargons, en robbes de diffé-„fut& tout ſon train. 52. Un grand cof-„ rentes couleurs, exécutèrent une danſe;„ fre de Mer, empacqueté dans douze bal-„ chacun ſeul d'abord, enſuite avec un Com-„ les de paille, à la manière du Pays.„ pagnon,& puis tous enſemble. Un ſinge,„ 69. Une baleine, dans un baſſin de gran-„ qul ſauta de la colline, vint finir la Scéne„ deur proportionnée. 70. Diverſes charges„ par divers tours.„ de coquillages& de fruits,&c. Enſuite,„ Onziêeme Scene. Un jeune Sauteur, fort„ pour former le contraſte, d'autres hom-bien fait, devant lequel on plaga une ta-„ mes ſuccédoient avec ce qu'il y a réelle-„ ble, en forme d'échaffaut, avec huit mar.„ ment de plus leger; c'eſt-à-dire, l'un avec

22

92

22*

„ ches pour y monter,& huit de l'autre cC-„ un ſimple coquillage,''autre avec un fruit,„ té pour en deſcendre. On mit un bambou„ une fleur, une plume,&c.“ Kampfer,„ creux au travers de l'eéchaffaut,& une ubi ſuprà, pag. 148.